La police antiémeutes utilise les lacrymogènes et les canons à eau contre les manifestants venus soutenir Zaman
La police antiémeutes utilise les lacrymogènes et les canons à eau contre les manifestants venus soutenir Zaman © AP/SIPA

Alors que la pression gouvernementale sur la presse turque se poursuit avec la mise sous tutelle du principal journal d'opposition. L'Union européenne rappelle à la Turquie, qu'en tant que candidate à l'adhésion, elle se doit de respecter la liberté de la presse

La police a de nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau, ce samedi, pour disperser les 2.000 manifestants à nouveau venu protester contre la tutelle administrative imposée au principal quotidien turc. Les locaux de Zaman ont été bouclés vendredi sur ordre de la justice, qui a coupé internet et a décidé de désigner un administrateur pour diriger le quotidien et sa version anglophone Today's Zaman dans le cadre d'une enquête sur Fethullah Gülen, opposant et prédicateur en exil aux Etats-Unis.

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Pour le président Erdogan, Fethullah Gülen, prépare un coup d'Etat en Turquie en infiltrant la justice, la police, les médias et d'autres institutions. Fethullah Gülen, est un ancien allié, devenu l'ennemi numéro depuis un retentissant scandale de corruption qui a éclaboussé le sommet de l'Etat fin 2013. Depuis, plusieurs autres organes de presse liés au mouvement de Gülen ont été saisis et des entreprises, y compris une banque, confisquées.

Relancer l'adhésion à l'UE

Alors que des négociations compliquées se déroulent actuellement entre la Turquie et l'Union Européenne autour de la crise migratoire, la Turquie espère en profiter pour relancer son processus d'adhésion à l'UE, entamé en 2005 mais qui n'a guère avancé depuis.

Une adhésion que la dérive autoritaire du régime et les attaques contre la presse ne va pas faciliter. L'Union Européenne a fait savoir que. "La Turquie, en tant que pays candidat, doit respecter et promouvoir des normes et pratiques démocratiques élevées, dont la liberté des médias". Les Etats-Unis ont de leur coté regretté "la dernière d'une série d'inquiétantes actions judiciaires et policières" du gouvernement turc contre les médias "et ceux qui le critiquent".

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