REPORTAGE VIDEO - Une centaine de mineurs sont toujours pris au piège dans le sous-sol de Soma, à près de 500 km d'Istanbul. Un incendie s'est déclenché mardi. Il est à l'origine de la plus grave catastrophe industrielle de l'histoire turque.

Le bilan de l'accident dépasse les 245 morts. Au lendemain du déclenchement d'un incendie dans cette houillère de Soma, à près de 500 km au sud-ouest d'Istanbul, les espoirs, déjà faibles, de retrouver des survivants s'amenuisent en raison des émanations mortelles de monoxyde de carbone, responsables des décès déjà constatés.

L'explosion s'est produite au moment du changement d'équipes, ce qui laisse planer une incertitude quant au nombre exact de mineurs sous terre à l'heure du drame. Le ministre de l'Energie, Taner Yildiz, a déclaré mardi soir, à son arrivée sur les lieux, que 787 mineurs se trouvaient alors dans la mine. La société exploitant la mine, Soma Komur Isletmeleri, a annoncé mercredi que près de 450 de ses employés avaient pu être sauvés à la suite de l'incendie, dont l'origine demeure inconnue. L'incendie, qui s'est déclaré peu après 15h00 mardi, a provoqué une coupure de courant et mis à l'arrêt les colonnes de ventilation et les ascenseurs. Après s'être activés durant toute la nuit, les secours continuaient mercredi d'injecter de l'oxygène dans les galeries de la mine pour tenter de maintenir en vie les mineurs coincés sous terre. Des milliers de proches et de collègues des mineurs se sont rassemblés aux abords de l'hôpital de la ville dans l'espoir d'obtenir des informations.

plus de 200 morts dans une mine de charbon en turquie
plus de 200 morts dans une mine de charbon en turquie © reuters

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le centre d'Istanbul pour demander la démission du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan dont la responsabilité est mise en cause dans cet accident. La police turque a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les protestataires qui s'étaient réunis sur l'avenue Istiqlal. Le Premier ministre Erdogan, qui s'est rendu sur place après avoir annulé un déplacement en Albanie, est accusé par l'opposition d'avoir ignoré des avertissements répétés au sujet de l'insécurité dans les mines de Turquie, qui pourrait connaître là sa plus grave catastrophe industrielle.

Recep Tayyip Erdogan a décrété trois jours de deuil national.

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