Critiqué pour ses dérives autoritaires, le président turc l'homme fort de Turquie a désormais le champ libre pour purger l'armée et éliminer ses opposants.

Des partisans de Recep Tayyip Erdogan défilent dans les rues d'Ankara
Des partisans de Recep Tayyip Erdogan défilent dans les rues d'Ankara © Reuters / tumay Berkin

Il a survécu aux manisfestations anti-gouvernementales de 2013. Le président Erdogan sort désormais renforcé du putsch manqué d'une partie de l'armée dans la nuit de vendredi à samedi, dans lequel 104 putschistes et au moins 160 personnes, civils et militaires, sont morts.

Une purge à grande échelle semble se dessiner. Près de 6000 personnes, dont au moins 3000 militaires ont été arrêtés. 2700 membres de l'appareil judiciaire ont également été limogés. 24 heures après la tentative ratée de coup d'Etat, le président turc appelait ses partisans à rester dans la rue pour le soutenir.

Erdogan apparaît comme l'homme providentiel

L'unanimité de la classe politique et le soutien massif de la population permettent à Recep Tayyip Erdogan d'apparaître comme l'homme providentiel, le père de la nation qui garanti l'unité du pays. Au point que certains s'interrogent sur réalité d'un coup d'état mal préparé et qui avait très peu de chance de réussir."S'agit-il plutôt d''un coup monté par le pouvoir ?" se demande l'historien Ahmet Kuyas, qui remarque que les putschistes appartiennent aux cercles ultra-kémalistes.

Or, le président Erdogan s'est empressé de pointer du doigt son ennemi juré, Fethullah Gülen. Ce prédicateur musulman, qui vit en exil aux Etats-Unis, dirige un mouvement puissant en Turquie composé d'école, d'entreprises, d'ONG et qui dispose de relais dans les médias, la police et la magistrature. Il représente un vrai contre-pouvoir.

Le putsch manqué tombe donc à point nommé pour Erdogan qui a la voie libre pour éliminer tous ceux qui se dressent sur sa route. Un tour de vis contre ses opposants qui pourrait aussi faire monter la tension, alors que la situation intérieure en Turquie est déjà très tendue et volatile.

Le président turc promet que les putschistes "paieront le prix fort"
Le président turc promet que les putschistes "paieront le prix fort" / Visactu
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