24 personnes ont été interpellées ce dimanche dans des médias d'opposition turcs.
24 personnes ont été interpellées ce dimanche dans des médias d'opposition turcs. © Reuters

La police turque a interpellé ce dimanche 24 personnes lors de perquisitions dans les locaux de médias considérés comme proches de Fethullah Gülen, grand rival du président Recep Tayyip Erdogan. L'opposition dénonce "un coup d'État".

Ces perquisitions marquent une escalade dans l'offensive menée par le président Erdogan contre Fethullah Gülen, un ancien allié qui vit aux Etats-Unis et avec lequel il est en conflit ouvert depuis plus d'un an. Plusieurs médias ont rapporté que des mandats d'arrêt avaient été lancés contre 32 personnes. Le président de la chaîne Samanyolu et un producteur de télévision sont au nombre des personnes interpellées.

Le directeur du journal Zaman emmené par la police

"On ne peut pas réduire la presse libre au silence !" a scandé la foule dans les locaux stambouliotes du journal Zaman, alors que son directeur, Ekrem Dumanli, s'adressait à elle avant que les policiers ne l'emmènent. Le personnel du journal, rassemblé sur les balcons de l'immeuble, l'a acclamé et applaudi. "Ceux qui ont commis de crimes peuvent avoir peur, nous pas !", a lancé Dumanli avant d'être poussé dans une voiture de la police.

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Hidayet Karaca, le président du groupe de télé Samanyolu s'est indigné devant la presse :

C'est un spectacle honteux pour la Turquie. C'est triste, mais au 21ème siècle, voilà le traitement qu'ils réservent à un groupe de médias qui compte des dizaines de chaînes de télévision et de radio, de médias internet et de magazines !

Le chef de file du principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain du peuple, laïque), Kemal Kilicdaroglu, a dénoncé de son côté "un gouvernement putschiste". "Un coup d'État est en cours contre la démocratie", a-t-il dit. Bruxelles a également réagi dimanche soir, évoquant un raid "contraire aux valeurs européennes". Mais pour le ministre de la Santé Mehmet Muezzinoglu, "ceux qui se sont mal conduits doivent payer".

Les partisans de Gülen présentés comme des "terroristes"

Fethullah Gülen est exilé depuis 1999 aux États-Unis. Il a estimé cette année que la répression menée par Recep Tayyip Erdogan était "dix fois pire" que celle qu'a connue la Turquie après le putsch militaire de 1980. Voici un an, des enquêtes pour corruption ont visé le premier cercle des collaborateurs d'Erdogan, alors Premier ministre. Pour ce dernier, ces enquêtes participaient d'un complot orchestré contre lui par une "structure parallèle" constituée de partisans de Gülen, nombreux dans la justice et la police.

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Vendredi dernier, le président a promis de pourchasser "jusque dans leurs tanières" les partisans de Gülen, qu'il présente comme des "terroristes" et des "traîtres".

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