Les réseaux sociaux ne veulent pas être à nouveau accusés d'avoir favorisé ou laissé passer de fausses informations liées au scrutin américain. Les trois ont ciblé des messages publiés par Donald Trump, mais aussi par son opposant Joe Biden.

Capture d'écran de l'espace d'information de Facebook sur les élections
Capture d'écran de l'espace d'information de Facebook sur les élections © Radio France / Olivier Bénis

C'est l'exemple le plus parlant de cette étrange nuit d'élection sur les réseaux sociaux : un tweet de Donald Trump, revendiquant (en majuscules) une "LARGE victoire" et dénonçant un "VOL de l'élection", presque immédiatement assorti d'un avertissement ajouté par Twitter. Un message qui accuse clairement le président américain sortant... de tromper ceux qui le lisent.

Capture d'écran du tweet de Donald Trump
Capture d'écran du tweet de Donald Trump

Son opposant Joe Biden, lui, a su rester suffisamment prudent pour s'épargner un tel traitement.

Cet avertissement, le président américain y est désormais habitué : Twitter l'affiche régulièrement sur ses tweets depuis un premier précédent fin mai. Le réseau avait même, trois jours plus tard, ajouté un message dénonçant "la glorification de la violence" par un tweet du président américain appelant à "tirer sur des pilleurs" après la mort de George Floyd.

Ne rien laisser passer, d'où que ce soit

Mais les réseaux sociaux ont passé la vitesse supérieure avec ce scrutin : ils avaient d'ailleurs annoncé, bien avant l'élection, qu'ils ne laisseraient rien passer. Début octobre, Facebook avait publié un article expliquant à quel point ils "préparaient le jour l'élection", notamment en incitant les Américains à s'inscrire sur les listes d'électeurs, mais aussi en supprimant massivement de faux comptes et des contenus jugés problématiques.

Résultat : Facebook a lui aussi sorti tous azimuts son petit panneau d'avertissement, nettement moins incriminant que celui de Twitter (vécu, lui, par les supporters de Trump comme une tentative de censure). Sur la plupart des dernières publications de Donald Trump et de Joe Biden, Facebook affiche ainsi un laconique "Le décompte des voix est en cours. Il n'y a pas encore de candidat donné gagnant pour les élections américaines de 2020."

Le message et son utilisation pour les deux candidats démontre une volonté de ne pas prendre parti... Mais s'il ne pose pas de problème lorsqu'il accompagne un message de Joe Biden demandant à ses supporters de "garder la foi"...

Capture d'écran d'un post Facebook de Joe Biden, le 4 novembre 2020
Capture d'écran d'un post Facebook de Joe Biden, le 4 novembre 2020

Il donne à l'inverse l'impression de contredire le président sortant lorsqu'il assure qu'il a remporté l'élection. Le message accompagne d'ailleurs aussi, même s'il ne contient aucun texte, la vidéo de l'intervention de Donald Trump revendiquant la victoire (ce qui semble indiquer une intervention humaine d'un modérateur pour l'ajouter, et pas un avertissement automatique).

Capture d'écran d'une vidéo publiée par Donald Trump le 4 novembre 2020
Capture d'écran d'une vidéo publiée par Donald Trump le 4 novembre 2020

Ceux qui suivaient cette allocution avaient donc aussi en permanence sous les yeux, un message disant l'exact inverse de ce qu'y affirmait le président américain.

Un traitement égalitaire... mais à l'effet différent selon le candidat

Même motif, même punition sur Instagram, où des dizaines de publications récentes des deux candidats ont été assorties d'un message précisant que les bulletins sont encore en cours de comptage.

Capture d'écran d'un post Instagram de Donald Trump, le 4 novembre 2020
Capture d'écran d'un post Instagram de Donald Trump, le 4 novembre 2020

Autre spécificité de Facebook (et d'Instagram, qui appartient au même groupe) : à chaque fois, le message en question renvoie vers une page donnant les résultats officiellement enregistrés mais aussi des informations plus générales sur le fonctionnement de l'élection. La page explique notamment que les résultats "prendront plus de temps cette année", "comme prévu".

Là encore, si les deux candidats ont vu leur publications agrémentées de ces informations, l'effet est radicalement différent quand elles contredisent clairement ce qui est dit.

La politique de Twitter semble donc plus agressive... Même si le réseau à l'oiseau bleu a choisi de moins communiquer sur le sujet : sur son compte officiel, son dernier message daté de lundi dernier conseille simplement à tout le monde... de "respirer".

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