Barack Obama et Angela Merkel à la Maison Blanche
Barack Obama et Angela Merkel à la Maison Blanche © Radio France

Alors que la situation en Ukraine fait craindre de plus en plus une guerre civile, les occidentaux et la Russie d'un coté, Moscou et Kiev de l'autre, continuent de s'accuser mutuellement.

Barack Obama et Angela Merkel ont averti vendredi soir la Russie qu'elle s'exposerait à de nouvelles sanctions, visant des secteurs clés de son économie, si elle perturbait le processus électoral devant mener à la présidentielle du 25 mai en Ukraine.

Les Etats-Unis ont appelle Kiev et Moscou à "restaurer l'ordre" après les violences "inacceptables" de vendredi soir à Odessa où un incendie d'origine criminelle a causé la mort de 31 militants pro-russes qui s'étaient barricadés dans un bâtiment assiégé par les pro-Européens. Des manifestants en faveur de l'unité de l'Ukraine qui avait auparavant été violemment attaquée par des militants pro-russes, une agression qui s'est soldée par quatre morts et une quinzaine de blessés.

Plus tôt vendredi, l'armée ukrainienne a tenté de passer à l'offensive à Slaviansk, mais l'opération a mal tourné et deux militaires sont morts. Il se trouvaient à bord de deux hélicoptères abattus par les séparatistes pro-Russes.

La Russie, "indignée", dit ne pas avoir d'influence sur mes miliciens

Le Kremlin a dénoncé "un nouveau signe de l'irresponsabilité criminelle des autorités de Kiev". Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine a accusé la "junte" de Kiev et les pays occidentaux qui ont selon lui approuvé "l'opération punitive" de l'armée ukrainienne à Slaviansk, d'être responsables de la mort des mlitants pro-Russes à Odessa.

Le porte-parole du Kremlin a jugé "absurde" l'idée des autorités provisoires ukrainiennes d'organiser une élection présidentielle le 25 mai "compte tenu du cycle de violences" dans ce pays.

Les explications de Pierre Ludwig à Moscou

Le porte-parole du président russe a aussi averti que la Russie n'est plus capable de faire baisser le niveau de tension dans l'est de l'Ukraine. "La Russie a désormais perdu son influence sur les milices et gens armées dans le Sud-Est parce qu'il sera impossible de les convaincre de désarmer et d'arrêter la résistance dans le contexte de la menace directe pesant sur leur vie", a déclaré Dmitri Peskov. Il a cependant souligné que "des milliers" d'habitants du sud-est russophone de l'Ukraine appellent Moscou "pour demander de l'aide à la Russie".

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a fait savoir qu'il avait appelé samedi les Etats-Unis à inciter les autorités de Kiev à cesser immédiatement leurs opérations militaires, lors d'une conversation téléphonique avec son homologue américain John Kerry.

Pour anne de Tinguy , historienne et chercheur au CERI, le Centre d'Etudes et de Recherches international, l'augmentation des tensions n'est pas une surprise

Nouvelle réunion du Conseil de Sécurité des Nations unies pour rien

Lors d'une nouvelle séance du conseil de sécurité, vendredi soir, les puissances occidentales et Moscou se sont mutuellement accusées d'hypocrisie à propos de la crise en Ukraine. La Russie avait demandé la convocation de cette réunion pour demander la condamnation de l'opération lancée par l'armée ukrainienne dans la matinée contre les rebelles séparatistes pro-russes à Slaviansk, dans le sud-est de l'Ukraine, ce que le Royaume Uni a décrit comme une "hypocrisie d'une étendue stupéfiante".

L'ambassadrice des Etats-Unis, Samantha Power, a évoqué "les mensonges monumentaux" de la Russie sur l'Ukraine. Le problème en Ukraine, a-t-elle dit, se résume à une "violence paramilitaire parainée par la Russie". La représentante des Etats-Unis a estimé que le fait que les séparatistes aient pu abattre deux hélicoptères de l'armée ukrainienne était une preuve que Moscou dirigeait les rebelles.

L'ambassadeur de France Gérard Araud, a accusé Moscou de préparer le terrain à l'annexion de l'est de l'Ukraine.

Le compte rendu de cette réunion avec Charlotte Alix, à New-York

Les observateurs de l'OSCE sont libres

Les sept observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe avaient été capturés par des miliciens pro-russes il y a une semaine à Slaviansk, ils étaient accusés d'espionnage. Ils ont été libérés samedi matin avec cinq de leurs accompagnateurs ukrainiens "sans condition", selon les militants pro-Russes, après l'entremise de l'émissaire du Kremlin, Vladimir Loukine, arrivé vendredi à Slaviansk.

On se bat Kramatorsk

De violents combats opposent samedi les soldats ukrainiens aux miliciens séparatistes pro-russes à Kramatorsk, dans le sud-est du pays, où l'armée a lancé samedi une nouvelle offensive contre les rebelles de cette ville proche du bastion séparatiste de Slaviansk.

Le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, a affirmé que les forces gouvernementales avaient pris le contrôle d'une tour de télévision à Kramatorsk.

Le reportage à Kramatorsk de Cécilia Arbona

Pour Vasil Kroutov, le chef du centre antiterroriste ukrainien le paysest désormais en situation de "guerre".

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