Les insurgés pro-russes ont revendiqué cette nuit un soutien à près de 90% à l'indépendance de la région ukrainienne de Donetsk à l'issue d'un référendum séparatiste dénoncé comme illégal par Kiev et l'Occident.

Oleg a voté plusieurs fois, selon lui, c'est "unscore à la soviétique." Le reportage de Philippe Randé

"Un vote à la soviétique" selon Oleg
"Un vote à la soviétique" selon Oleg © REUTERS/Maxim Zmeyev

Les séparatiste de l'est de l'Ukraine crient victoire

"89,07% ont voté pour et 10,19% contre. Cela peut être considéré comme le résultat définitif", a déclaré Roman Liaguine, chef de la commission électorale mise en place par les rebelles. Le taux de participation a atteint 74,87%, selon la même source. En tout, ce sont près de sept millions d'habitants qui étaient convoqués par les séparatistes pour décider de l'autonomie de la région du Dombass.

Denis Pouchiline, chef de la "république populaire" autoproclamée de Donetsk, avait annoncé quelques heures plus tôt que l'armée ukrainienne serait considérée comme une force occupante dès la proclamation des résultats et a préconisé la mise en place d'organes étatiques dans l'est de l'Ukraine.Roman Liaguine s'est montré plus prudent :

Après l'annonce des résultats, le statut de Donetsk ne changera pas fondamentalement. Nous ne cesseront pas de faire partie de l'Ukraine. Nous ne ferons pas partie de la Russie.

Les séparatistes espèrent que le dépouillement sera terminé lundi après-midi, même si leur consultation n'est pas reconnue. Selon un de leurs représentants à Louhansk, les forces gouvernementales ont empêché le transport des bulletins de vote sur plusieurs sites.

Une farce criminelle selon Kiev

Pour Kiev, ce scrutin, organisé semble-t-il dans une grande improvisation dans une cinquantaine de lieux, est illégal. L'appel à le reporter lancé mercredi par le président russe, Vladimir Poutine, n'a pas été suivi d'effet. Les bulletins de vote ont été imprimés sans respecter les règles de sécurité en la matière.

À Marioupol, ville de 500 000 habitants théâtre de combats particulièrement violents ces derniers jours, seuls huit bureaux de vote ont été ouverts, précisent les autorités. Peu après leur ouverture des militaires ont saisi ce qu'ils disent être de faux bulletins où le "oui" était coché et ont arrêté deux hommes.

La rébellion dans l'Est ukrainien a commencé peu après l'éviction en février par des manifestants pro-occidentaux à Kiev du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, qui s'est réfugié en Russie. Une sécession de Donetsk et Louhansk, régions sidérurgiques et houillères qui représentent 16% du PIB ukrainien, porterait un nouveau coup à Kiev après l'annexion de la Crimée en mars par la Russie.

 selon une étude, la population souhaite conserver les frontières actuelles
selon une étude, la population souhaite conserver les frontières actuelles © Radio France
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