violences à kramatorsk, dans l’est de l’ukraine
violences à kramatorsk, dans l’est de l’ukraine © reuters

Le gouvernement ukrainien a annoncé lundi l'envoi d'une nouvelle unité des forces spéciales à Odessa après un week-end de violences meurtrières dans cette ville du sud, que certains considèrent comme un tournant.

La nouvelle force dépêchée à Odessa, baptisée "Kiev-1", est constituée de "militants civils" désireux d'aider cette ville portuaire de la mer Noire "en ces jours difficiles", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Arsène Avakov. Parallèlement, les dirigeants de la police d'Odessa ont été renvoyés. Ils pourrait faire l'objet d'une enquête pénale.

►►► ALLER PLUS LOIN | Ukraine, la nouvelle guerre froide

Les violences qui se sont produites vendredi à Odessa sont les plus meurtrières depuis la fuite en Russie du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch en février, suivie d'un soulèvement pro-russe dans les régions industrielles de l'est de l'Ukraine. Plus de 40 personnes sont mortes à Odessa.

"La police à Odessa a agi de façon scandaleuse, voire de façon criminelle", a écrit le ministre de l'Intérieur sur sa page Facebook. Les coupables ne seront pas protégés par leur uniforme, a ajouté Arsène Avakov.

Calme précaire à Odessa, reprise des combats dans l'Est

La perte d'Odessa, de ses deux ports, dont un terminal pétrolier, et de son million d'habitants, serait un coup énorme pour Kiev, tant du point de vue économique que politique. Cela ne ferait aussi qu'alimenter les craintes de désintégration de l'Ukraine, déjà divisée d'un point de vue culturel entre l'Est industriel et russophone et un Ouest plus tourné vers l'Europe occidentale.

Si le calme régnait dans l'ensemble lundi à Odessa où l'on enterrait les morts de vendredi, les combats continuaient à l'Est. À Slaviansk, place-forte des rebelles, les tirs semblaient se rapprocher du centre-ville.

À Donetsk, après un week-end sous tension, les employés de l'hôtel de ville ont repris le travail, ce lundi, tant bien que mal. Reportage de l'envoyée spéciale de France Inter, Cécilia Arbona

Selon le ministre de l'Intérieur, les forces ukrainiennes ont été prises en embuscade par des séparatistes pro-russes. Des combats acharnés se sont déroulés aux abords de la ville. Sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a indiqué qu'un troisième niveau de sanctions pourrait être décidé contre la Russie si la tenue de l'élection présidentielle le 25 mai en Ukraine était rendue impossible. Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont lancé le même avertissement vendredi.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.