Kiev a lancé ce week-end une opération "antiterroriste" contre les séparatistes pro-russes dans les villes de l'est de l'Ukraine. Moscou a réclamé, et obtenu, une réunion en urgence du conseil de sécurité de l'ONU.

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Une réunion qui n'a pas permis de rétablir le dialogue. Le occidentaux estiment que la Russie soutient et encourage les séparatistes, Moscou a demandé à Kiev de "cesser d'utiliser la force contre le peuple ukrainien". Selon l'ambassadeur britannique, "les images satellitaires montrent qu'il y a entre 35.000 et 40.000 soldats russes aux abords de la frontière avec l'Ukraine équipés d'avions de combat, de chars, d'artillerie et d'unitésde soutien logistique ".

L'Ukraine hausse le ton

Le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, a haussé le ton vis à vis de Moscou et a annoncé avoir déclenché une opération anti-terroriste de grande envergure contre les militants pro-russes, qui multiplient les occupations de batiments officiels. "Le sang a été versé ", dit-on des deux côtés. "Nous ne laisserons pas la Russie répéter le scénario de la Crimée dans les régions de l'Est", a martelé dans un discours à la nation Olexandre Tourtchinov, en référence au rattachement en mars de la péninsule ukrainienne de la mer Noire à la Russie.

La contre-offensive déclenchée dimanche matin a fait un mort et cinq blessés côté loyaliste et "un nombre indéterminé" de victimes chez les séparatistes. Elle était concentrée sur Slaviansk, où un groupe armé s'est emparé des locaux de la police et des services de sécurité (SBU), hissant le drapeau russe.

Le reportage de Marc Crépin

Les séparatistes réclament le rattachement à la Russie, ou au minimum une "fédéralisation" de la Constitution ukrainienne pour donner de grands pouvoirs aux régions. Kiev refuse, y voyant la porte ouverte à un éclatement de l'Ukraine, et n'accepte qu'une "décentralisation".La Russie a immédiatement répliqué en dénonçant "l'ordre criminel de Tourtchinov de recourir à l'armée pour réprimer les protestations", tout en jugeant, par la voix d'un porte-parole de sa diplomatie, que "c'est de l'Occident que dépend la possibilité d'éviter une guerre civile en Ukraine ".

L'inquiétude de l'Union européenne

Par la voix de la responsable de sa diplomatie, Catherine Ashton, les 28 pays de l'UE appellent à une désescalade dans l’est du pays. Le message est directement adressé à la Russie. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doivent se retrouver aujourd’hui à Luxembourg.

Les explications à Bruxelles de Lory Grégoire

Un scénario qui ressemble de plus en plus à celui de l'annexion de la Crimée par la Russie.

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