L'opposition appelle à une grève générale en Ukraine
L'opposition appelle à une grève générale en Ukraine © REUTERS/Vasily Fedosenko / REUTERS/Vasily Fedosenko

Après une matinée d'affrontements samedi entre la police et les manifestants, les pro-européens refusent de baisser les bras. Soutenus par l'ancienne chef du gouvernement Ioulia Timochenko, en prison depuis 2011, ils défient le pouvoir pro-russe. Viktor Ianoukovitch fait un pas vers l'opposition et affirme dimanche matin qu'il fera tout ce qu'il peut pour rapprocher l'Ukraine de l'Union européenne.

Des affrontements se sont produits tôt samedi matin dans le centre de Kiev entre la police anti-émeute ukrainienne et plusieurs centaines de manifestants pro-européens et d'opposants politiques qui ont appelé à une grève générale pour obtenir le départ du président Viktor Ianoukovitch.

Des policiers équipés de casques et de boucliers sont intervenus sur la place de l'Indépendance, dans le centre de la capitale, pour déloger des manifestants installés dans des campements de fortune depuis la veille. Les policiers ont tiré tout d'abord des grenades assourdissantes en direction de la foule, puis sont intervenus à coup de matraques pour les chasser des lieux, poursuivant certains manifestants dans les rues avoisinantes.

Samedi matin, une partie de la place a été bouclée par les policiers anti-émeute. Neuf ans plus tôt, en 2004, cette même place de l'Indépendance avait connu de grandes manifestations de la "révolution orange" contre la fraude électorale. Vendredi soir, quelques incidents s'étaient produits entre les manifestants pro-européens et les policiers. Au moins quatre personnes avaient été passées à tabac par des policiers, dont un caméraman et un photographe de Reuters. Ce dernier, frappé à la tête, a eu le visage en sang. La police aurait procédé aux arrestations de 35 personnes et aucun blessé ne serait, selon elle, à déplorer mais des témoins affirment que plusieurs dizaines voire centaines de personnes ont été violemment molestées.

Les tensions n'ont cessé de s'accroître depuis que Viktor Ianoukovitch est revenu sur sa décision de signer un accord de partenariat et de libre échange avec l'Union européenne lors d'un sommet des Vingt-Huit réunis à Vilnius, en Lituanie.

L'ancienne chef du gouvernement Ioulia Timochenko, emprisonnée depuis 2011 après une condamnation pour abus de pouvoir, a appelé au soulèvement national dans un lettre adressé à la presse :

Des millions d'Ukrainiens doivent se soulever. Il est esssentiel de ne pas quitter la place tant que les autorités n'auront pas été renversées par des moyens pacifiques.

L'Union européenne et Wahsington disent condamner "fermement" les violences policières.

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