Les autorités ont mis en application leurs menaces. Les forces de l'ordre ont envahi hier soir la place de l'Indépendance occupée par les opposants. Depuis, les violences ont fait au moins 25 morts, dont un journaliste. Paris réclame des "sanctions européennes rapides et ciblées".

La communauté internationale réagit ce matin. Côté européen, François Hollande et Angela Merkel annoncent une "position commune" sur la question d'éventuelles sanctions. L'Union européenne va étudier quelles sanctions très prochainement, selon Catherine Ashton, Haut Représentant pour les affaires étrangères. Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères aura lieu demain jeudi. Le chef de la diplomatie polonaise va se rendre à Kiev, sur demande de l'UE.

Pour Laurent Fabius, il faut une réaction rapide des Européens

La Russie adopte évidement une position bien différente, en dénonçant une "tentative de coup d'État en Ukraine. Les Russes appellent l'opposition ukrainienne à cesser les violences.

Sur place, les manifestants sont toujours là. Suivez les événements en direct de la place Maïdan avec cette vidéoLive streaming video by Ustream

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Les forces de l'ordre ont envahi dans la soirée la place de l'Indépendance, comme le craignaient les manifestants. Après plus de deux semaines de calme, les violences ont repris de plus belle : 18 manifestants et sept policiers ont été tués, selon un dernier bilan. Un journaliste aurait aussi trouvé la mort pendant les affrontements.

Pour Ania Tsoukanova, journaliste ukrainienne, c'est du jamais vu dans le pays depuis longtemps. Elle répond à Patrick Boyer

Volodomyr Ermolenko, philosophe et activiste ukrainien, était l'invité de Patrick Cohen

Alexis, étudiant, raconte ce qu'il a vécu depuis hier dans le centre de Kiev au micro d'Yves Decaens

Dans l'après-midi la police avait encerclé la place de l'Indépendance dans la capitale, après avoir enfoncé des barricades près du stade du Dynamo Kiev. Toutes les stations de métro de Kiev ont par ailleurs été fermées.

La situation à Kiev
La situation à Kiev © Idé

L'ultimatum du pouvoir a expiré à 17h (heure française). Le ministère de l'Intérieur et les services spéciaux (SBU) avaient donné deux heures à l'opposition pour un retour au calme dans le centre de Kiev., menaçant d'une intervention "de la plus grande fermeté" sur la place Maïdan. Le ministère de la Défense a, de son côté, ordonné aux manifestants de quitter un batiment de l'armée, à proximité du Parlement.

Vitali Klitschko, l'un des leaders de l'opposition, avait demandé "aux femmes et aux enfants" de quitter la place. Par ailleurs, les manifestants ont annoncé dans la soirée occuper de nouveau la mairie de Kiev, batiment qui avait été libéré il y a deux jours.

Konstantin Sigov soutient les manifestants. Il est professeur de philosophie de l’université de Kiev, francophone, il habite à 20 min à pied, 10 en voiture de Maida. Hier en fin de journée, il a pris dans sa voiture un jeune homme grièvement brûlé au visage pour le soigner.

Pour lui, "Jamais il n’y a eu un tel niveau de violence dans Kiev depuis 1945" (au micro de Mathilde Dehimi)

Le siège du parti au pouvoir occupé

Dans la matinée, le siège du parti au pouvoir était envahi de fumée, après l'assaut des manifestants opposés au président Viktor Ianoukovitch. Au moyen de cocktails molotov, ils ont pris le contrôle du batiment situé dans le centre ville de Kiev.

Affrontements entre manifestants et policiers près du Parlement à Kiev, le 18 février 2014
Affrontements entre manifestants et policiers près du Parlement à Kiev, le 18 février 2014 © Reuters / Vlad Sodel
Ces heurts sont les premiers depuis ceux de la fin janvier, qui avaient fait quatre morts et plus de 500 blessés. Ils interviennent près du Parlement qui doit justement examiner une restriction des pouvoirs du président. L'opposition demande toujours le retrait de la police antiémeute, la Berkout. Vitali Klitschko a officiellement interpellé le président Viktor Ianoukovitch sur ce sujet. Après le [limogeage du Premier ministre Mikola Azarov fin janvier](http://www.franceinter.fr/depeche-ukraine-le-premier-ministre-demissionne), l'opposition demande de pouvoir former un gouvernement indépendant pour mettre fin à la crise. **Alors qu'est ce qui explique ce regain de violence? Elements de réponse avec Marc Crépin, le correspondant de France Inter à Moscou**
### Inquiétude des occidentaux Dans l'après-midi, l'indignation est généralisée dans la communauté internationale. Les Etats-Unis demandent à mettre fin aux violences. Une porte-parole de la Maison Blanche s'est dite "consternée" estimant que le recours à la force "ne résoudra pas la crise". Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne est "très préoccupée par la nouvelle et inquiétante escalade à Kiev". Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français, dénonce un "usage indiscriminé de la force". Quant à son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, il a joint par téléphone le chef de la diplomatie ukrainienne Leonid Kojara. Il lui a demandé de "revenir avec urgence sur la voie suivie ces derniers jours et à discuter d'une solution politique" avec les opposants. De son côté, la Russie, qui soutient Viktor Ianoukovitch estime, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, que ces nouvelles violences sont "le résultat direct de la politique de complaisance des (...) occidentaux".
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