vladimir poutine espère ne pas avoir à utiliser la force en ukraine
vladimir poutine espère ne pas avoir à utiliser la force en ukraine © reuters

Les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, américain et européen se sont réunis aujourd'hui à Genève. L’Ukraine et la Russie étaient pour la première fois autour d'une même table pour trouver une sortie de crise. Un accord a été conclu.

Un accord sur la "désescalade"

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé jeudi soir qu'un accord avait été conclu pour désarmer les groupes armés illégaux et évacuer les batiments occupés. "Toutes les parties doivent s'abstenir d'actions violentes, d'actes d'intimidation ou d'actions provocatrices", est-il écrit. Le document prévoit également une amnistie pour tous ceux qui respecteront les termes de l'accord, à l'exception de "ceux qui sont coupables de crimes capitaux".

Extrait de l'accord

"Tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés, tous les bâtiments saisis illégalement doivent être rendus à leurs propriétaires légitimes, toutes les rues, les places et les autres lieux publics dans les villes ukrainiennes doivent être libérés"

Sergueï Lavrov assure que la Russie n'a "aucune espèce de désir d'envoyer des troupes en Ukraine. Cela serait contre nos intérêts fondamentaux".

Les explications de Bertrand Gallichet, à Genève

Dans le centre de Donietsk, les pro-ukrainiens ont manifesté ce matin. Le reportage de Philippe Randé.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déjà prévenu : en l'absence de "progrès" de la Russie, il y aura plus de sanctions. "Nous n'avons pas abandonné la Crimée" assure-t-il.

Une réunion sous pression

Depuis Moscou, Vladimir Poutine a défendu jeudi matin son point de vue, mettant un peu plus la pression sur cette réunion de négociations.

Dans une allocution télévisée, le président russe a rejeté les accusations de Kiev sur une implication des troupes spéciales russes dans l'est de l'Ukraine qualifiant cette affirmation de "foutaise" . Un peu plus tôt, son ministre de la Défense parlait de "paranoïa" . Vladimir Poutine a cependant reconnu pour la première fois que les forces armées russes étaient présentes en Crimée lors du référendum de mars qui a permis son rattachement à la Russie.

Garantir la défense des Russophones par la force s'il le faut

Selon Vladimir Poutine, la seule issue possible pour le pouvoir ukrainien est le "dialogue" et "non le recours à la force qui mène le pays vers le gouffre. " Envoyer des troupes ukrainiennes à l'est du pays est selon lui "un nouveau crime grave" du gouvernement de Kiev, non reconnu par Moscou. Les nouveaux dirigeants sont aussi accusés de "tirer le pays vers le fond de l'abîme."

A Genève, la Russie défend un système fédéraliste pour l'Ukraine garantissant des droits pour les Russophones majoritaires à l'est. Le président russe espère qu'il n'aura pas à employer la force en cas de non-respect des droits de ces populations.

Après la Crimée et l'Ukraine, la Transnistrie

Le scénario de référendum d'autodétermination de Crimée pourrait se répéter à l'est de l'Ukraine mais aussi dans d'autres régions séparatistes proches de Moscou. Dans son allocution de ce matin, Vladimir Poutine a rappelé que les habitants de Transnistrie en Moldavie ont le droit de décider de leur destin. Il appelle à l'ouverture de négociations sur la question.

Un risque de soulèvement régional que Vladimir Poutine justifie notamment par l'élargissement de l'OTAN qui provoque selon lui une exclusion de la Russie autour de la Mer Noire.

Des pressions sur le gaz prises très au sérieux

Vladimir Poutine a également répondu aux dirigeants européens et américains qui pensent renforcer leurs sanctions en leur rappelant l'importance des importations de gaz russe. "Peuvent-ils arrêter d'acheter du gaz russe ?, s’est-il-interrogé,à mon avis, c'est impossible" .

Bruxelles a immédiatement réagi en acceptant, par la voix de Manuel Barroso, d'ouvrir des discussions avec Moscou sur la sécurité de ces approvisionnements de gaz.

Le président russe a aussi mis la pression sur l'Ukraine en disant que Moscou passera au prépaiement dans un mois si sa dette sur le gaz n'était pas honorée.

A la mi-journée, François Hollande a semblé anticiper un échec des discussions de Genève en disant qu'il envisageait "d'élever le niveau de sanctions" contre Moscou à défaut de solution, "mais ce n'est pas notre volonté " a-t-il précisé.

Dans l'est du pays, les services de sécurité ukrainiens annoncent l'arrestation de dix Russes appartenant selon les autorités à des services de renseignements. Cette nuit, une fusillade a fait trois morts, trois militants pro-russes à Marioupol. Ils auraient tenté de d'investir une basse de la garde nationale. L'opération aurait fait treize blessés, 63 personnes ont été arrêtées.

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