Ce départ a été annoncé samedi par Vitali Klitschko."Il a quitté la capitale", a déclaré ce responsable de l'opposition devant les députés au parlement. Une information confirmée par des journalistes qui ont trouvé le domicile du chef d'Etat, près de la capitale et non gardé.

Le pouvoir semble en train de s'écrouler. Le président du Parlement et proche de Viktor Ianoukovitch, Volodymyr Rybak, a annoncé sa démission samedi, et une quarantaire de députés a claqué la porte de son Parti des régions.

A Kiev, les explications de Marc Crépin

Les manifestants ukrainiens ont annoncé qu'ils contrôlaient le bâtiment de la présidence, dans le centre de Kiev.

Dans un communiqué publié sur internet, le ministère ukrainien de l'Intérieur a demandé samedi "aux citoyens de s'unir pour protéger la sécurité et établir un "pays européen indépendant, démocratique et juste". Le parlement a destitué vendredi le ministre de l'Intérieur Vitali Zakharchenko, après les violences meurtrières qui ont fait 77 morts.

L'opposition appelé le Parlement à lancé une procédure de destitution du président Viktor Ianoukovitch et à la convocation d'une élection anticipée d'ici au 25 mai.

Le président Viktor Ianoukovitch et les trois chefs de file politiques de l'opposition avaient signé vendredi un accord de sortie de crise en Ukraine après trois jours de violences meurtrières comme le pays n'en avait pas connu depuis son indépendance de l'Union soviétique en 1991.

Fruit d'une médiation européenne, cet accord prévoit une élection présidentielle anticipée, une révision de la Constitution afin de revenir à un régime plus parlementaire et la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Ces points constituent autant de concessions de la part du chef de l'Etat mais la viabilité de l'accord dépend aussi de l'adhésion des occupants de la place de l'Indépendance à Kiev, troisième acteur de cette crise réputé nettement plus intransigeant que l'opposition politique.

Dans les heures qui ont suivi les parlementaires ukrainiens ont également procédé au limogeage du ministre de l'Intérieur Vitaly Zakhartchenko et à une réforme du code pénal ouvrant la voie à la libération de Ioula Timochenko, ancienne chef du gouvernement et farouche adversaire de Ianoukovitch.

l'accord de sortie de crise a été signé en ukraine
l'accord de sortie de crise a été signé en ukraine © reuters

Pas encore de date pour la présidentielle anticipée

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui a conduit la médiation européenne avec ses homologues français Laurent Fabius et polonais Radoslaw Sikorski, a précisé que l'élection présidentielle, initialement prévue en mars 2015, aurait lieu dès cette année. Aucune date n'a été arrêtée cependant.

Pour Laurent Fabius (joint au téléphone par Bertrand Gallicher) :

Dans les circonstances actuelles, c'est le meilleur accord qu'on pouvait espérer.

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a pour sa part déclaré que le projet d'accord prévoyait la rédaction d'une nouvelle Constitution d'ici la fin de l'été. Son ministre des Affaires étrangères a parlé d'"un bon compromis pour l'Ukraine (...) ouvrant la voie à des réformes et à l'Europe".

Le président français François Hollande a quant à lui réclamé "la mise en oeuvre dans son intégralité et dans les meilleurs délais de l'accord qui vient d'être signé".

La Constitution de 2004 rétablie

En début de journée, Viktor Ianoukovitch avait énuméré les concessions qu'il était disposé à accepter pour mettre fin au mouvement de contestation, né en novembre de sa volte-face diplomatique l'ayant soudainement amené à tourner le dos à l'Union européenne pour se rapprocher de la Russie, l'ancienne puissance tutélaire.

"Il n'existe pas de mesures que nous ne devrions pas prendre pour rétablir la paix en Ukraine", a-t-il alors déclaré dans un communiqué. "J'annonce que j'amorce des élections anticipées".

"Je lance aussi le processus d'un retour à la Constitution de 2004 avec un rééquilibrage des pouvoirs vers une république parlementaire. J'appelle au lancement des procédures pour former un gouvernement d'unité nationale."

Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait 77 morts depuis mardi, a annoncé le ministère de la Santé, ce qui signifie qu'il y a eu au moins 47 morts lors de la seule journée de jeudi.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.