Poutine avait assuré mardi qu'il n'y avait pas d'intervention militaire en Crimée. Les faits le contredisent, en tout cas selon les informations du ministère de la Défense ukrainien. A Simféropol, la capitale de la Crimée, les Ukrainiens se mobilisent.

Sur le terrain

Ce matin, à Simfropol, la capitale de la Crimée, des femmes se sont réunis devant la caserne militaire de la ville contrôlée justement par l'armée russe.

Ces femmes ont tenu à dire qu'elles refusaient la guerre, le reportage de Géraldine Hallot

la russie renforce son emprise sur la crimée
la russie renforce son emprise sur la crimée © reuters

La police ukrainienne a annoncé qu'elle avait commencé à faire évacuer l'immeuble abritant le gouvernement régional occupé depuis lundi par des manifestants pro-russes à Donetsk, ville du sud-est de l'Ukraine. Selon des témoins, le drapeau ukrainien a été hissé sur le bâtiment où il a remplacé le drapeau russe qui flottait depuis samedi. L'évacuation du bâtiment a été décidée en raison de rumeurs sur le fait qu'il avait été piégé à l'aide de bombes, a précisé la police dans un communiqué.

Samedi, après le feu vert du parlement reçu par Vladimir Poutine pour employer la force pour protéger les ressortissants russes en Ukraine, Donetsk, ville natale de l'ex-président Viktor Ianoukovitch, a été le théâtre de manifestations pro-russes comme une demi-douzaine de villes de l'est du pays.

Les manifestants, emmenés par un homme qui s'est dit être le "gouverneur du peuple", se sont réfugiés dans l'immeuble abritant le gouvernement régional. Ils réclamaient que les relations avec Kiev soient rompues et que le contrôle de la police et des forces de sécurité leur soit confié.

Kiev accuse Moscou d'avoir organisé ces manifestations et a déclaré que plusieurs des protestataires étaient des ressortissants russes qui avaient traversé la frontière en bus pour justifier une intervention militaire.

La situation en Crimée
La situation en Crimée © Radio France

Dans les coulisses de la diplomatie internationale

josé manuel barroso souhaiterait des réformes plus ambitieuses pour la france
josé manuel barroso souhaiterait des réformes plus ambitieuses pour la france © reuters

L'Union européenne est prête à fournir à l'Ukraine une aide financière de 11 milliards d'euros dans les deux prochaines années par le biais de dons et de prêts, a déclaré mercredi le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso. Cette assistance se fera en concertation avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) et la Banque européenne d'investissement (Bei) et est subordonnée en partie à la conclusion d'un accord entre Kiev et le Fonds monétaire international (FMI).

"Le paquet combiné pourrait consister en un soutien global d'au moins 11 milliards d'euros dans les deux prochaines années, provenant du budget de l'UE et des institutions financières internationales fondées sur l'UE", a expliqué Barroso.

L'UE compte également apporter par avance des avantages commerciaux que l'Ukraine aurait dû recevoir si elle avait signé un accord d'association avec l'UE en 2013 et s'emploiera à fournir de l'énergie à l'Ukraine par le biais de "flux de gaz inversés" en provenance d'elle-même.

Les précisions à Bruxelles de Quentin Dickinson

l'ue pourrait envisager des mesures ciblées contre la russie faute de retour au calme en ukraine
l'ue pourrait envisager des mesures ciblées contre la russie faute de retour au calme en ukraine © reuters

Les parlementaires russes planchent sur une proposition de loi qui autoriserait la confiscation des propriétés, avoirs et comptes d'entreprises européennes et américaines si des sanctions étaient imposées à la Russie à propos de l'Ukraine, indique l'agence de presse RIA, mercredi.

Andrei Klichas, président de la commission parlementaire des textes constitutionnels au Conseil de la Fédération, la chambre haute russe, explique que le texte de loi "offrirait au président et au gouvernement les moyens de défendre notre souveraineté contre les menaces".

Klichas, cité par RIA, ajoute que les parlementaires travaillent à vérifier que la confiscation des avoirs, propriétés et comptes est conforme à la Constitution russe.

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