Kiev mardi matin
Kiev mardi matin © Nicolas Mathias/Radio France

L'opposition ukrainienne reste mobilisée malgré le rejet d'une motion de défiance à l'encontre du gouvernement. Après le vote, entre 20.000 et 30.000 manifestants se sont réunis sur la place de l'Indépendance, haut lieu de la "Révolution orange" de 2004.

"Je vous appelle à ne pas baisser les bras. Il nous faut un nouveau pouvoir", a lancé le boxeur Vitali Klitschko, l'un des leaders de l'opposition, devant les manifestants.

Le Premier ministre doit présider mercredi matin un conseil des ministres, alors que le siège du gouvernement reste toujours bloqué par des manifestants. Il a mis mardi en garde les manifestants contre une responsabilité "pénale" pour leurs agissements "illégaux".

Le reportage à Kiev de Yann Gallic

Le vote sur la motion de censure a bien eu lieu. Il n'a pas abouti dans la mesure où les partis d'opposition n'ont pas les 226 députés nécessaires pour que la motion de censure soit adoptée. Les députés ont tout de même voté à l'unanimité une résolution convoquant le Premier ministre, Mykola Azarov, et son gouvernement absents aux débats mardi matin.

Des milliers de manifestants étaient rassemblés devant le parlement en scandant "Honte!" et en brandissant des drapeaux ukrainiens. Le bâtiment était encerclé par un cordon de plusieurs centaines de représentants de forces de l'ordre casqués.

Le boxeur Vitali Klitschko, l'un des leaders de l'opposition que Laurent Fabius vient d'inviter en visite à Paris, a lancé devant le parlement : "Nous ne devons pas laisser transformer l'Ukraine en un Etat policier. Si nous avalons ça aujourd'hui, ce sera ainsi par la suite (...) Nous exigeons la démission du gouvernement".

Accusé d'être personnellement responsable de la répression violente des manifestations, le président Ianoukovitch a choisi de quitter l'Ukraine mardi pour une visite d'Etat de trois jours en Chine où est prévue la signature d'accords économiques. Il a une nouvelle fois justifié lundi sa décision de renoncer à l'accord d'association avec l'UE en expliquant que ce texte avait pour but de "rabaisser l'Ukraine". "A quoi nous sert un accord quand on nous accueille et on nous rabaisse ? Je pense que nous ne devons pas céder, nous devons défendre nos propres intérêts".

L'analyse de Marc Crépin

Lors de débats mardi, les leaders de l'opposition ont souligné que le président était personnellement responsable de l'échec de l'intégration européenne et réaffirmé qu'il devait démissionner. Le pouvoir ukrainien a soudainement suspendu fin novembre la signature d'un accord d'association avec l'Union européenne, en préparation depuis des mois, pour se tourner vers la Russie.

Une mobilisation sans précédents depuis la Révolution orange

Dimanche, plus de 100.000 manifestants se sont rassemblés à Kiev et des dizaines de milliers d'autres dans d'autres villes du pays pour protester contre la décision du pouvoir ukrainien de ne pas signer d'accord d'association avec l'UE. Des affrontements avec la police ont fait de nombreux blessés, dont une cinquantaine de journalistes, des étudiants et une centaine de policiers.

Il s'agit d'une mobilisation sans précédent depuis la Révolution orange de 2004 qui avait renversé le régime en place et porté alors au pouvoir des pro-occidentaux.

Après la répression des manifestations ces derniers jours, l'opposition réclame la démission du gouvernement et celle du président qui a renoncé à signer un accord d'association avec l'Union européenne lors du sommet de Vilnius la semaine dernière.

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