Ukraine
Ukraine © Reuters / Vasily Fedosenko

Les ambassadeurs de l'Union européenne doivent avaliser lundi soir de nouvelles sanctions économiques contre la Russie. En Ukraine, le cessez-le-feu est globalement respecté... Mais l'OSCE réclame d'urgence une solution plus durable.

Ce cessez-le-feu, en vigueur depuis vendredi soir dans l'est de l'Ukraine, ne suffira en effet pas à aboutir à une solution politique, seule à même de résoudre le conflit entre Kiev et les séparatistes pro-russes, selon l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. L'Onu estime pour sa part que la trêve est une première étape d'un plan de paix censé mettre fin à cinq mois de combats qui ont fait plus de 3.000 morts.

L'accord conclu entre Kiev et Moscou suscite encore beaucoup de réserves, notamment de la part de l'Union européenne, qui doit dévoiler dans la journée de nouvelles sanctions contre la Russie visant notamment, selon des sources diplomatiques, les compagnies pétrolières russes.

Le Kremlin a annoncé lundi soir que Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko étaient d'accord pour poursuivre le dialogue sur la paix en Ukraine.

Moscou a d'ores et déjà menacé de riposter en interdisant le survol du territoire russe aux compagnies aériennes occidentales. Le président ukrainien Petro Porochenko s'est de son côté rendu à Marioupol, où se sont déroulés les combats les plus violents avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et où l'artillerie rebelle a encore tiré sur les forces gouvernementales samedi soir.

Une femme a été tuée et quatre personnes blessées pendant ce bombardement, la plus grave entorse à la trêve jusqu'à présent. L'ambassadeur suisse Thomas Greminger estime donc que cette trêve fonctionne tant bien que mal. "Globalement, le cessez-le-feu a tenu même s'il reste fragile", a souligné le diplomate, dont le pays assume la présidence tournante de l'OSCE. Il ajoute que les prochains jours seraient décisifs pour la viabilité de cette trêve.

La situation en Ukraine au 5 septembre
La situation en Ukraine au 5 septembre © IDÉ

Le pouvoir ukrainien ne veut rien lâcher

Signe des tensions toujours vives, Petro Porochenko a annoncé à son arrivée à Marioupol, sur les rives de la mer d'Azov, le renforcement des défenses de la ville avec le déploiement de chars, de lance-roquettes et de canons antiaériens.

"Nous n'abandonnerons pas ce territoire à qui que ce soit", a déclaré le chef de l'Etat ukrainien en allusion à la Russie, qu'il accuse d'être intervenue militairement pour éviter aux séparatistes une défaite qui se profilait.

Alors qu'une solution politique paraît toujours lointaine, les deux camps se sont mutuellement renvoyé la responsabilité des violations de la trêve. Côté ukrainien, c'est le porte-parole de l'armée Andriy Lissenko qui est monté au créneau.

Les forces ukrainiennes respectent le cessez-le-feu mais quand leur vie est menacée, elles ripostent. Elles sont restées sur les positions qu'elles occupaient au moment où le cessez-le-feu a été conclu.

L'Allemagne a également rappelé que la trêve n'était pas une fin en soi. "Il n'y a pas que cette question d'un cessez-le-feu. Il y a une longue liste de points qui ont fait l'objet d'un accord et qui doivent être mis en oeuvre", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. "Il y a d'autres questions comme la mission d'observation de l'OSCE, l'échange de prisonniers et d'otages, la surveillance des frontières et l'ouverture d'un dialogue. Il y a beaucoup d'autres choses que simplement respecter le cessez-le-feu", a-t-il insisté. A Marioupol, Petro Porochenko a annoncé que les séparatistes avaient remis 1.200 prisonniers de guerre à l'Ukraine depuis l'accord de trêve, un signe de bonne volonté de la part des combattants pro-russes.

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