Deux ans après la situation des accords de paix de Minsk, en février 2015, les violences n’ont jamais cessé, et le bilan humain dépasse les 10.000 morts.

Malgré les accords, le conflit dans la région du Donbass n'a jamais réellement cessé
Malgré les accords, le conflit dans la région du Donbass n'a jamais réellement cessé © AFP / ANATOLII STEPANOV

Dans la nuit du 10 au 11 février 2015, François Hollande et Angela Merkel parvenaient à obtenir des dirigeants russes et ukrainiens un accord, signé à Minsk, en Biélorussie. Ces accords prévoyaient une feuille de route qui devait mettre fin au conflit qui ravageait l’est de l’Ukraine.

Deux ans plus tard, les violences n’ont pourtant jamais cessé. Le bilan humain des affrontements dépasse les 10.000 morts, et la perspective d’un retour à la paix reste faible. Mercredi dernier, l’un des chefs militaires des rebelles pro-russes, connu sous le nom de “Guivi”, a été tué à Donetsk, ville-clé des territoires séparatistes.

Quelles sont les parties prenantes dans ce conflit ?

Le conflit ukrainien oppose des Ukrainiens entre eux. D’un côté, les partisans du président, le pro-occidental Petro Prochenko. De l’autre, les séparatistes à la tête de la République populaire de Donestk (DNR). Cette “République populaire”, que l’Union européenne ne reconnaît pas, a été créée à la suite d’un référendum inspiré de celui qui a conduit à l’annexion de la Crimée par la Russie.

Dans un cas comme dans l’autre, le gouvernement ukrainien et ses alliés (l’Union européenne notamment) considèrent que les référendums étaient illégaux. Lorsque le 11 mai 2014, les séparatistes ont proclamé l’indépendance de la DNR, qui englobe les deux régions de l’est du pays, et celles de Louhansk et de Donestk (le Donbass), la situation s’est embrasée. Des batailles meurtrières ont eu lieu dans cette région, la Russie déployant des forces armées prêtes à intervenir à la frontière est de l’Ukraine.

Que prévoyait l’accord de Minsk ?

Il y a eu en réalité deux accords de Minsk. Les premiers sont signés le 5 septembre 2014 entre l’Ukraine et les rebelles, et prévoient une trêve. Mais celle-ci ne tient pas. Pour obtenir la paix dans le pays, François Hollande et Angela Merkel ont tenté de concilier les deux parties pour obtenir un nouvel accord : Minsk 2 est signé dans la nuit du 10 au 11 février 2015.

L’accord prévoit, en plus d’un cessez-le-feu, une zone démilitarisée beaucoup plus large que prévue initialement : de 30 km initialement, elle passe à 50-70 km autour de la ligne de front. L’accord contient également une feuille de route pour parvenir au rétablissement de la paix : retrait des troupes, élections locales, discussions sur le statut de la région, et négociations sur le contrôle de la frontière entre la Russie et l’Ukraine.

Les accords de Minsk en février 2015
Les accords de Minsk en février 2015 © AFP

Que s’est-il passé depuis ?

L’accord n’a rien donné. La feuille de route n’a pas été respectée. Et le conflit, même s’il a baissé en intensité depuis 2015, n’a jamais cessé. Le 19 octobre dernier, les chefs d’État russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Petro Porochenko, ainsi que François Hollande et Angela Merkel, ont participé à un sommet à Berlin pour tenter de résoudre une nouvelle fois la situation. Sans succès : les négociations n’ont pas abouti.

Pas mieux fin novembre 2016 : une nouvelle réunion organisée à Minsk n’a pas permis d’aboutir à un plan de paix concret. “Même si le dialogue est difficile, il n’est pas rompu”, avait alors déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Depuis fin janvier, la tension est remontée d’un cran. Le 31 janvier dernier, des combats ont repris dans la ville d’Avdiyivka, contrôlée par Kiev. En une semaine, 27 civils et militaires ont été tués. Sur le reste de la ligne de front, huit autres personnes ont été tuées. Le meurtre du chef militaire pro-russe “Guivi” marque donc une étape de plus dans ce qui peut faire redouter un regain de violence, chaque camp accusant l’autre d’avoir provoqué ces nouveaux affrontements.

À l’heure actuelle, le conflit en Ukraine a fait près de 10.000 morts, civils et militaires confondus, selon l’ONU. Au-delà de ce strict bilan humain, quelque 1,6 million d’Ukrainiens auraient été amenés à quitter leur foyer, selon le haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU, dont 600.000 ont même dû partir pour un pays voisin.

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