Le Guatemala a voulu dimanche tourner la page de la corruption qui a mené en prison son précédent président, en votant en grande majorité, pour lui succéder, en faveur d'un acteur comique sans aucune expérience politique.

Gangrené par la corruption et l’un des pays les plus violents du monde, le Guatémala, lassé, a entendu dimanche vouloir tourner une page de son histoire salie depuis plusieurs années par les scandales à répétition. Ainsi, animateur de télévision, comédien, comique, Jimmy Morales, 46 ans, a revendiqué dans la soirée la victoire au second tour de l'élection présidentielle, fort de son score écrasant, soit 68,73% des voix, selon des résultats officiels portant sur 53,85% des suffrages exprimés. L'ex-Première dame Sandra Torres, 60 ans, soutenue par le parti social-démocrate Union nationale de l'espoir, a reconnu sa défaite, n'étant créditée que de 31,27% des voix.

Jimmy Morales n’a aucune expérience politique

Celui qui avait incarné au cinéma le rôle d'un cowboy naïf sur le point de devenir président par accident, avait été la grande surprise du premier tour le 6 septembre, profitant du vaste mouvement d'exaspération populaire contre la corruption et la classe politique traditionnelle. Son absence totale d'expérience politique est perçue par ses partisans comme un gage d'honnêteté. Mais le parti qui le soutient a été questionné, comme l'a rappelé dimanche Mme Torres en l'accusant de "représente(r) la vieille garde de militaires douteux", certains des militaires ayant fondé FCN-Nacion étant soupçonnés de violations des droits de l'homme durant la guerre civile (1960-1996).

Tourner définitivement la page Otto-Perez

Le scrutin était le point d'orgue de plusieurs mois de mobilisation historique contre la corruption, pour dénoncer le vaste réseau de fraude découvert au sein des douanes, qui aurait détourné 3,8 millions de dollars entre mai 2014 et avril 2015, alors que 53,7% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Une ébullition populaire inédite qui avait précipité, quelques jours avant le premier tour, la démission du président Otto Perez, ex-général de 64 ans au pouvoir depuis 2012, puis son placement en détention provisoire. Il est accusé, comme son ancienne vice-présidente Roxana Baldetti, elle aussi incarcérée, d'avoir organisé le réseau de corruption et perçu 800.000 dollars en pots-de-vin. Jusqu'au 14 janvier, quand Jimmy Morales prendra ses fonctions pour un mandat de quatre ans, le président par intérim Alejandro Maldonado assume le pouvoir.

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