Un an après son élection, les plus fervents soutiens de Donald Trump se radicalisent, mais l'opposition au président américain grandit et se durcit elle aussi. Et avec une côte de popularité de 37 % seulement, Trump est au plus bas dans les sondages.

Trump un an après
Trump un an après © Reuters / Jonathan Ernst

Des dix principaux instituts de sondage, le taux de satisfaction le plus élevé à l'égard du président américain est de 38 %. Le plus bas est de 33 %. La moyenne de taux de satisfaction de ces dix sondages est de 37,1 %. Avec un taux moyen de désapprobation qui dépasse les 57 % ! Donald Trump est le président le plus impopulaire depuis que les instituts sondent l'opinion publique.  Selon un sondage de CNN, au cœur de sa cible – les blancs sans diplômes d'enseignement supérieur – ils étaient 59 % à se dire satisfaits il y a un an ; ils ne sont aujourd'hui plus que 46 %. 

Côté politique, Donald Trump est loin d'avoir tenu tous ses engagements de campagne.

Le décret anti-immigration rejeté par les juges

Donald Trump a dû à plusieurs reprises revoir son décret interdisant à certains citoyens l'entrée sur le sol américain. Entrée en vigueur en juin, sa troisième version du texte a de nouveau été bloquée par un juge fédéral d'Hawaï le 17 octobre. Cette version prévoyait l'interdiction d'entrée sur le sol américain aux ressortissants de huit pays :  le Venezuela, la Corée du Nord, la Libye, le Tchad, la Somalie, le Yémen, la Syrie et l'Iran.

Quelques heures seulement après la décision du juge hawaïen, un juge fédéral du Maryland a largement suspendu l'application de la troisième version du décret anti-immigration.  Selon lui, la dernière mouture du décret migratoire était "une réanimation difficilement séparable du décret anti-musulmans par deux fois bloqué". Le magistrat a donc interdit aux autorités de bloquer l'arrivée de voyageurs étrangers ayant une "relation valable" avec une personne ou une entité aux États-Unis. Donald Trump a justifié ses trois décrets par des motifs de sécurité nationale. Ses détracteurs lui reprochent au contraire de cibler sans raison et de façon discriminatoire des dizaines de millions de musulmans. 

Son décret n'est toujours pas entré en vigueur. 

Pas d'abrogation d'Obamacare 

C'est peut-être le plus grand échec du président Trump. Sa tentative de réforme de l'assurance santé n'a pas abouti, faute de majorité au Congrès. Le Sénat, pourtant à majorité républicaine, n’a pas trouvé d’accord sur le texte. La fin d'Obamacare signifierait que plus de 20 millions d’Américains n'auraient plus de couverture santé. Mais des sénateurs républicains ont voté contre, aux côtés des démocrates, et l'abrogation n'est pas passée. 

Pourtant, "Repeal and replace", "abroger et remplacer" a été son leitmotiv pendant la campagne électorale, puis des mois durant après son élection. 

Le mur peine à pousser à la frontière mexicaine

Neuf mois après son arrivée au pouvoir, les premiers signes de l'avancée du mur à la frontière mexicaine – une promesse qui a pourtant poussé de nombreux électeurs à voter pour lui – ont commencé à apparaître. Huit prototypes ont été présentés. Actuellement, 654 miles des 1 900 qui marquent la frontière sont déjà fermés avec des barrières simples, doubles ou triples. Fin novembre, une société commencera à tester les prototypes afin de déterminer si oui non il est facile de passer en les escaladant.

Des prototypes de mur à la frontière mexicaine ont été présentés en octobre
Des prototypes de mur à la frontière mexicaine ont été présentés en octobre © Reuters / Jorge Duenes

Mais le Congrès ne semble pas pressé de voter les 21 milliards de dollars nécessaires à la construction d'un tel mur. Et comme il est hors de question pour les Mexicains de payer un seul cent, contrairement à ce que voulait Trump, le mur reste pour l'instant au stade de projet.

L'économie se porte bien

Le taux de chômage n'a cessé de baisser depuis novembre 2010, passant de 9,8 % à la fin de la crise financière à 4,4 % en août 2017. 

Le président est surtout applaudi par les marchés financiers. Le Dow Jones continue d'atteindre des sommets. Depuis le début de l'année, il enregistre une hausse de 12%. Le Nasdaq, l'indice américain des valeurs technologiques, est en hausse de près de 20 %, porté par les gains d'Amazon, Apple, Google et Facebook. Les bénéfices des 500 entreprises de l'indice Standard and Poors sont en hausse de près de 10 % par rapport à 2016. 

Le 9 octobre, le gouvernement annonce qu'il va abroger le Clean Power Plan, le programme de Barack Obama pour développer les énergies propres. En d'autres termes, il veut en finir avec les limitations d'émission de carbone des centrales électriques, promesse de campagne destinée à relancer l'industrie du charbon. Selon Trump, ceci permettrait d'augmenter les salaires de 30 milliards de dollars sur les sept ans à venir. 

Trump a également promis de permettre plus de forages sur les terres appartenant à l'État fédéral, notamment pour extraire des gaz de schistes et du gaz naturel. A rajouter au retrait de l'Accord de Paris sur le climat.

Bien sûr, ses décisions vont aggraver le réchauffement climatique. Plusieurs entreprises spécialisées dans les gaz de schistes ont fait faillite depuis 2014, quand les prix ont atteint leur niveau le plus bas en treize ans (l'extraction d'hydrocarbures non conventionnels coûte cher ; elle n'est rentable que si les prix du pétrole ou du gaz sont hauts). Les prix ont remonté mais risquent de redescendre si la politique de développement de Trump est mise en œuvre. Et ce qui est bon pour le consommateur l'est moins bon pour les créations d'emplois. 

Trump veut que les consommateurs achètent américain. Il semble que sa politique fonctionne. Le déficit commercial a baissé plusieurs mois d'affilée, atteignant en juin dernier 43,6 milliards de dollars, soit un niveau inférieur à celui dont il avait hérité en janvier 2017. C'est surtout l'industrie pétrolière qui émerge, soutenue par la fracturation hydraulique, qui permet d'extraire des gaz de schistes. Les Etats-Unis ont exporté plus d'hydrocarbures en juin et en ont moins importé. Les marchés mexicain et canadien se portent bien. 

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