Starbucks
Starbucks © Max PPP

Dans un spectaculaire changement de politique, le PDG du groupe américain Starbucks demande désormais à ses clients de laisser leurs armes chez eux alors que le débat sur le port des armes à feu fait rage aux Etats-Unis après une série de tueries.

Dans une lettre ouverte à ses clients, Howard Schultz a déclaré :

Nos magasins sont là pour que nos clients puissent faire une pause agréable et en toute sécurité sans avoir les préoccupations de la vie quotidienne.

Jusqu'ici Starbucks, qui exploite près de 7 000 points de vente aux Etats-Unis, avait pour politique de s'en remettre aux lois locales en vigueur concernant les armes à feu, y compris aux lois qui, dans certains Etats, autorisent les clients à porter ouvertement leur arme à la ceinture. Le groupe s'était ainsi mis à dos les partisans du contrôle des armes qui ont déjà réussi à persuader de nombreux autres distributeurs et chaînes de restauration d'interdire les armes dans leurs points de vente.

Le patron de Starbucks précise que sa nouvelle politique n'est pas une interdiction dans le sens où les clients ayant des armes continueront d'être servis et qu'elle ne concerne pas les policiers et autres serviteurs de la loi.

Pour le groupe de Seattle, il s'agit de demander aux clients de ne pas porter d'armes - apparentes ou cachées - dans les cafés de la chaîne ainsi que dans les zones de consommation en extérieur.

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"La meilleure décision pour la société"

Voilà qui risque d'irriter les partisans des armes à feu, qui, en août, ont organisé une "Journée nationale Starbucks" pour remercier le groupe de Seatle pour sa position à l'époque. Parmi les lieux qui avaient été prévus pour cette célébration, figuraient le Starbucks de Newtown, dans le Connecticut, la ville théâtre d'une tuerie qui avait fait 26 morts dont 20 enfants dans une école en décembre dernier. Starbucks avait fermé ce café avant le début prévu pour l'événement.

Pour Howard Schultz, le "Starbucks Appreciation Day" décrit à tort Starbucks comme un champion des partisans du port d'armes apparent. "Pour être clair, dit-il, nous ne voulons pas de cegenre de manifestation dans nos magasins", dit le PDG dans sa lettre ouverte. Howard Schultz précise toutefois que ce changement n'est pas le résultat de cet événement, qui avait incité la Newtown Action Alliance à appeler Howard Schultz à interdire les armes dans tous les points de vente du groupe aux Etats-Unis, ni de la dernière tuerie en date qui a fait 12 morts lundi dans un bâtiment de la marine américaine à Washington.

Howard Schultz a ainsi déclaré:

Nous avons vu le débat sur le 'port apparent' d'une arme devenir de plus en plus grossier voire, dans certains cas, menaçant. Certains militants anti-armes ont également joué un rôle en faisant monter le ton et le conflit. Nous nous sommes retrouvés dans une situation où les partisans des deux côtés utilisaient Starbucks comme lieux pour mettre en scène leur propres positions politiques.

Il dit ne pas craindre de perdre des clients et estime avoir répondu aux préoccupations des consommateurs, du personnel et des actionnaires. "J'ai l'impression, dit-il, que j'ai pris la meilleure décision pour notre société".

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