un "continent" de plastique exploré dans l'atlantique nord
un "continent" de plastique exploré dans l'atlantique nord © reuters

L'expédition "Septième continent", qui est rentrée la semaine dernière en Martinique d'un périple d'un mois à la recherche d'un énorme amas de plastique dans l'Atlantique Nord, est revenue "atterrée" de son voyage.

"Ce ne sont pas les macrodéchets les plus impressionnants", raconte Patrick Deixonne, membre de la société des Explorateurs français et chef de cette mission qui a emmené ses sept membres jusqu'à 1.000 kilomètres des côtes martiniquaises, jusqu'à la mer des Sargasses, du 5 au 26 mai.

Ce qui impressionne le plus, ce sont les grandes soupes de déchets, formées de petites particules de plastique. Un des moments les plus marquants est lorsque nous avons été plusieurs à y plonger le bras : il a fallu ensuite utiliser des pinces à épiler pour retirer les petits morceaux de plastique de notre peau. Imaginons la baleine bleue qui ouvre grand sa gueule pour avaler tout ça !

Nathalie Fontrel, spécialiste environnement à France Inter, a rencontré Patrick Deixonne

Laurent Morisson, un des membres de l'équipage, ajoute : "Au début de l'expédition, nous observions des baleines, des dauphins, des oiseaux. Puis ils ont disparu et nous avons commencé à voir du plastique partout."

Une superficie de 1.000 km sur 2.000 km

La zone explorée n'a pas été sélectionnée au hasard : des courants océaniques tourbillonnants, les gyres, sont à l'origine de cette concentration de détritus en plusieurs endroits du globe, dont cinq sites principaux : océan Pacifique Nord et Sud, océan Atlantique Nord et Sud et océan Indien.

►►► VIDÉO. Simulation de dérive de particules en Atlantique

Le continent de plastique pourrait concerner dans l'Atlantique Nord une superficie de 1.000 km sur 2.000 km environ. L'un des objectifs de l'expédition était de cartographier ce continent, en liaison avec les organismes scientifiques. "Régulièrement, des photos optiques et radar de la zone où nous nous situions étaient prises par satellite", témoigne Romain Toutlemonde, chargé de l'intendance.

"Nous devions alors décrire ce que nous voyions à droite, à gauche et à l'avant du bateau, notamment en matière de macrodéchets." Ces données vont mettre des mois, voire des années à être exploitées par les scientifiques.

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