À l’annonce de sa condamnation, le croate Slobodan Praljak s’exclame: « Slobodan Praljak n’est pas un criminel de guerre, je rejette ce jugement.» Il sort de sa poche une fiole et dans un geste théâtral, la main tremblante, rejette la tête en arrière et en avale le contenu d’un trait.

Un criminel de guerre s'est suicidé devant le tribunal de la Haye.
Un criminel de guerre s'est suicidé devant le tribunal de la Haye. © AFP / International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia

Peu avant midi mercredi, après avoir confirmé la condamnation des deux premiers co-accusés, le juge se tourne vers Slobodan Praljak et lui demande de se lever.  Il annonce à ses avocats qu’il vient de s’empoisonner et le juge fait suspendre la séance. Transféré dans un hôpital de la Haye, Slobodan Praljak y meurt en début d’après-midi.

Le suicide spectaculaire de Slobodan Praljak, ancien directeur de théâtre avant de devenir général dans l’armée croate, montre que les procédures de sécurité du TPI laissent toujours à désirer. 

D’abord, il n’y a plus depuis des années de garde juste derrière les accusés qui auraient pu intervenir. Ensuite, les contrôles sont toujours insuffisants, ce qui rappelle la mort de Slobodan Milošević. 

Dans sa cellule avaient été retrouvés de nombreux médicaments entrés subrepticement dans la prison et les rumeurs d’empoisonnement avaient couru longtemps avant d’être entièrement réfutées. 

Coup de théâtre au TPI

Et pour le TPi, ce coup de théâtre vient clore en pirouette un quart de siècle de travail. C’était le dernier jugement, en appel, du tribunal et le suicide de Slobodan Praljak a réussi au moins temporairement, à faire passer au second plan l’importance de ce jugement. 

Alors que ce tribunal est vu par une partie des Serbes comme un outil politique dirigé contre eux, la condamnation en appel de Slobodan Pravljak et de ses co-accusés confirme que les Croates, eux aussi, ont été responsables d’exactions à grande échelle sur le territoire de la Bosnie.

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