[scald=219549:sdl_editor_representation]par Steve Scherer et Roberto Landucci

ROME (Reuters) - Le président Giorgio Napolitano pourrait désigner un nouveau gouvernement de technocrates pour sortir de l'impasse politique dans laquelle se trouve l'Italie depuis les élections qui n'ont pas permis de dégager une majorité parlementaire stable.

Alors que Beppe Grillo, leader du mouvement anti-système et populiste 5 Etoiles (M5S), se montre intraitable dans son refus de collaborer avec les partis traditionnels, Napolitano préfère donner du temps au temps.

Le chef de l'Etat a indiqué mardi ne pas vouloir précipiter le processus de consultation et a indiqué ne pas pouvoir avancer la date d'ouverture de la session du Parlement fixée au 15 mars.

Dans un communiqué, le président italien précise que la convocation des deux assemblées ne peut pas être anticipée, les vérifications des résultats électoraux n'étant pas achevées.

Les formations politiques disposeront "de suffisamment de temps pour une phase préparatoire fructueuse" en vue des consultations destinées à former un gouvernement, a-t-il dit.

Depuis plus d'une semaine, les discussions entre partis et les déclarations successives des différents chefs de file n'ont fait que confirmer la situation de blocage née du scrutin.

Le Parti démocrate (PD, centre-gauche) de Pier Luigi Bersani dispose de la majorité absolue à la Chambre des députés mais se trouve minoritaire au Sénat en raison d'un morcellement dans la répartition des sièges.

Or, le système bicaméral transalpin accorde les mêmes prérogatives aux deux assemblées et oblige le gouvernement à disposer d'un soutien dans l'une et dans l'autre pour faire adopter ses projets de loi.

Dans la configuration actuelle, c'est le M5S, grand vainqueur d'élections marquées par une poussée de fièvre contestataire, qui détient la clé d'une solution.

POSITION DE REFUS

Bersani a bien lancé des appels à la raison mais Grillo, dont le mouvement dispose de 163 élus, tous nouveaux venus en politique, refuse de passer une quelconque alliance.

L'ancien comique a consulté ses parlementaires et a écarté l'option d'un gouvernement de techniciens pour succéder à celui de Mario Monti, l'ex-commissaire européen nommée en novembre 2011 pour engager l'Italie dans une politique d'austérité.

"Les gouvernements de technocrates n'existent pas par nature. Il n'y a que des gouvernements politiques soutenus par des majorités parlementaires", a-t-il déclaré sur son blog. "Le gouvernement Monti était le plus politique depuis la guerre".

Appeler un technicien à la présidence du Conseil reviendrait à essayer de masquer avec une "feuille de vigne" les responsabilités qui incombent des partis traditionnels.

Cette position de refus de Grillo complique la tâche de Bersani mais également celle de la coalition de centre-droit de Silvio Berlusconi.

A moins de s'allier dans un cabinet d'union nationale, gauche et droite ont besoin de l'appoint du mouvement populiste 5 Etoiles pour contrôler la chambre haute.

Le Parti démocrate a écarté l'idée d'une alliance avec Berlusconi et a prévu de se réunir mercredi pour discuter d'un programme de réformes envisageables et examiner les prochaines étapes avant l'ouverture de la session parlementaire.

Vito Crimi, désigné lundi président du groupe M5S au Sénat, a confirmé qu'il n'était pas question de voter la confiance à une formation politique traditionnelle, ni de soutenir un gouvernement technocratique.

L'ambition du M5S est de diriger lui-même le gouvernement, a-t-il expliqué, mardi.

Pour l'instant, Mario Monti qui a été désavoué par les électeurs, assure la gestion des affaires courantes à la tête du gouvernement sortant mais la situation est observée avec attention par les Européens.

Lundi, les ministres des Finances de l'Eurogroupe réunis à Bruxelles se sont dit optimistes et confiants de voir le prochain gouvernement italien assumer ses responsabilités en matière de rigueur budgétaire au sein de la zone euro.

Pierre Sérisier pour le service français

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