Attaque dans un hôtel à Tripoli
Attaque dans un hôtel à Tripoli © Radio France

Au moins neuf personnes, dont un pilote français d'une compagnie d'aviation privée, ont été tuées mardi dans l'attaque par deux hommes fortement armés d'un hôtel de luxe de Tripoli fréquenté par des responsables gouvernementaux et des délégations étrangères.

Les deux assaillants, cernés par les forces de sécurité, se seraient suicidés en faisant exploser une grenade. Ils ont d'abord fait sauter une voiture piégée devant le Corinthia Hotel, situé en bord de mer, tuant trois gardes, puis ont pénétré à l'intérieur de l'établissement où ils ont affronté les services de sécurité. Omar Khadraoui, directeur de lasécurité à Tripoli témoigne :

Les assaillants ont ouvert le feu à l'intérieur de l'hôtel, tuant quatre étrangers, deux hommes et deux femmes apparemment d'origine asiatique. Quand ils ont été cernés, l'un d'eux a fait exploser une grenade mais nous ne savons pas si c'était intentionnel.

Les circonstances de l'attentat, Isabelle Labeyrie

Le Corinthia Hotel à Tripoli
Le Corinthia Hotel à Tripoli © REUTERS/Ismail Zitouny / REUTERS/Ismail Zitouny

Le Français a été identifié grâce à son badge d'employé. Un Américain et deux Asiatiques font également partie des victimes. À Paris, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué le décès d'un ressortissant français, sans en préciser l'identité. Le Département d'État américain a également confirmé le décès d'un de ses ressortissants. Il s'agit d'un agent de sécurité qui travaillait pour la société de sécurité américaine Crucible LLC, a indiqué cette dernière.

Le Premier ministre du gouvernement de Tripoli, qui n'est pas reconnu par la communauté internationale, et une délégation américaine se trouvaient dans l'hôtel au moment de l'attaque mais ont pu être évacués par les services de sécurité. Selon l'organisation SITE, qui surveille les activités des islamistes sur internet, l'attaque a été revendiquée par un groupe qui se dit affilié à l'Etat islamique (EI). Ce groupe dit avoir voulu venger la mort d'Abou Anas al Libi, soupçonné d'avoir participé à l'organisation des attentats d'Al Qaïda en 1998 contre les ambassades des États-Unis en Tanzanie et au Kenya. Al Libi est mort au début du mois dans un hôpital de New York, quelques jours avant l'ouverture de son procès. Il avait été capturé par les forces spéciales américaines en octobre 2013 dans la capitale libyenne et avait été amené aux États-Unis pour y être jugé. Les autorités de Tripoli, elles, mettent en cause d'anciens partisans de Mouammar Kadhafi qui voulaient, selon elles, assassiner le Premier ministre Omar al Hassi. Celui-ci se trouvait au 22e étage de l'immeuble mais a pu être évacué sain et sauf.

En plus des trois gardes tués par la voiture piégée et des quatre étrangers abattus, un agent de sécurité a également trouvé la mort. La Libye est dirigée depuis cet été par deux gouvernements rivaux, l'un établi à Tripoli après la prise de contrôle de la capitale en août dernier par la milice "Aube libyenne", l'autre installé dans l'Est et reconnu par la communauté internationale.

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