Pavel Cheremet, journaliste pro-occidental, a été tué ce mercredi dans l’explosion de la voiture qu’il conduisait dans la capitale ukrainienne.

Hommage au journaliste pro-occidental Pavel Cheremet
Hommage au journaliste pro-occidental Pavel Cheremet © Reuters / Valentyn Ogirenko

Pavel Cheremet ne manquait pas d’adversaires ou d’ennemis. Originaire de Biélorussie, dont il critiquait le régime "dictatorial" d’Alexandre Loukachenko, il s’était réfugié en Russie en 2000, à une époque où les médias n’étaient pas contrôlés par le pouvoir. Il avait acquis la nationalité russe. Mais c’est aussi parce qu’il ne supportait plus la ligne éditoriale de la télévision qui l’avait embauché, qu’en 2014, au moment de la révolution de Maidan, il avait démissionné et déménager à Kiev.

Sur les vidéos qui tournent partout depuis ce mercredi matin, on voit sa voiture arriver à un carrefour de Kiev. L'explosion est survenu au moment où il a mis son clignotant. La bombe était peu puissante, mais suffisamment pour tuer le journaliste. La voiture appartenait à l’une de ses collègues, qui n’était pas à bord au moment de l’explosion.

En Ukraine, c’est la consternation. Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré qu’il avait perdu un ami très proche, bien que Pavel Cheremet était très critique envers lui, et le Kremlin a fait part de sa "grave préoccupation".

Pavel Cheremet était un journaliste intransigeant, lauréat de nombreux prix. Il critiquait à la fois les pouvoirs russe, ukrainien et biélorusse. Âgé de 44 ans, c'était une figure du paysage médiatique ukrainien. Il écrivait pour le site Ukraïnaska Pravda, apparaissait souvent à la télévision, et animait des émissions d’information à la radio.

La police ukrainienne a ouvert une enquête pour "meurtre prémédité".

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