Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé mardi à Kiev où il a promis au nouveau gouvernement ukrainien une série de mesures d'aide économique et technique. Dans une conférence de presse, Poutine exclut la force ... pour le moment.

Kerry à Kiev

Kerry en Ukraine
Kerry en Ukraine © REUTERS/Kevin Lamarque/POOL / REUTERS/Kevin Lamarque/POOL

En se rendant dans la capitale ukrainienne, le chef de la diplomatie américaine entend aussi faire pression sur la Russie pour qu'elle retire ses troupes de Crimée et ne remette pas en cause l'intégrité territoriale de son voisin.

Selon un haut responsable américain voyageant avec John Kerry, l'administration Obama et le Congrès vont travailler à la mise en place de garanties de prêt d'un milliard de dollars pour réduire l'impact sur les Ukrainiens des baisses de subventions sur l'énergie réclamées par les créanciers en échange d'un plan d'aide international.

À Washington, la Maison blanche a annoncé dans un communiqué que les Etats-Unis et leurs partenaires feraient en sorte que l'Ukraine dispose de fonds suffisants pour retrouver la stabilité et renouer avec la croissance. Elle a aussi promis l'envoi de conseillers et une aide pour former les observateurs qui seront chargés de superviser les prochaines élections.

Rudy Guillmin a suivi John Kerry à Kiev

Une aide de 15 milliards du FMI ?

christine lagarde nomme à la tête du fmi
christine lagarde nomme à la tête du fmi © reuters

Les Occidentaux, peu tentés par une aventure militaire en Crimée, entendent afficher un soutien économique à une Ukraine au bord de l'asphyxie financière. Le montage de cette assistance se ferait en concertation avec les partenaires de Washington et via un plan du Fonds monétaire international (FMI) dont une équipe d'experts est arrivée dans la capitale ukrainienne ce week-end. Le nouveau gouvernement a demandé au FMI une aide d'au moins 15 milliards de dollars pour éviter la faillite..Voulant éviter de se faire prendre de vitesse par les Occidentaux, comme cela a été le cas lors des négociations entre Viktor Ianoukovitch et l'opposition, Vladimir Poutine a dit que la Russie avait l'intention de contribuer aux mesures que proposerait le FMI. Le président russe a rappelé que son pays avait promis en décembre une aide de 15 milliards de dollars à l'Ukraine après la volte-face de Viktor Ianoukovitch qui avait refusé de ratifier un partenariat négocié depuis plusieurs années avec l'Union européenne.

Moscou a déjà débloqué trois milliards de dollars en décembre et s'apprêtait à verser la deuxième tranche de deux milliards quand la situation s'est embrasée à Kiev.

Poutine exclut la force pour le moment

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vladimir poutine exclut pour l'instant de recourir à la force en ukraine
vladimir poutine exclut pour l'instant de recourir à la force en ukraine © reuters

Vladimir Poutine a affirmé mardi que la Russie se réservait le droit de recourir à toutes les options afin de protéger la communauté russophone qui, selon lui, vit dans la "terreur" en Ukraine, tout en admettant que le recours à la force n'interviendrait qu'en dernier ressort.

Le président russe, qui s'exprimait publiquement pour la première fois depuis la destitution de Viktor Ianoukovitch à la veille de la clôture des Jeux de Sotchi, a tenté de répondre aux menaces de représailles économiques brandies par les Occidentaux. Dans cette allocution mêlant un discours de fermeté et les premiers signes d'un possible apaisement, Vladimir Poutine a soigneusement pris ses distances avec son ancien allié Viktor Ianoukovitch qui, selon lui, n'a plus d'avenir politique.

Il a également jugé que des sanctions économiques contre la Russie, comme l'envisagent les Etats-Unis et les Européens, seraient "contre-productives" et qu'elles nuiraient en premier lieu à leurs initiateurs.

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Les guerres de Poutine
Les guerres de Poutine © Radio France
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