Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence mardi après-midi à New York après le tir par la Corée du Nord d'un missile qui a survolé le nord du Japon.

Face à la menace nord-coréenne, le Japon a déployé des dispositifs de défense aérienne.
Face à la menace nord-coréenne, le Japon a déployé des dispositifs de défense aérienne. © AFP / Kaname Muto / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

Tokyo et Washington se sont accordés pour "augmenter la pression sur la Corée du Nord" après qu'un missile envoyé depuis la péninsule a survolé lundi soir une petite île au nord du Japon, une première depuis 2009.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit donc se réunir ce mardi après-midi à New-York pour discuter de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Le 5 août, après un mois d'âpres négociations entre Pékin, principal soutien de la Corée du Nord, et Washington, le Conseil de sécurité avait adopté à l'unanimité de ses 15 membres une nouvelle série de sanctions sévères à l'encontre de Pyongyang. Des sanctions qui visaient à réprimander la Corée du Nord après de premiers tirs en juillet de missiles à longue portée, capables de toucher le territoire américain.

Les relations entre Pyongyang et Washington s'étaient pourtant quelque peu apaisées après une violente escalade verbale en août dernier, le dictateur nord-coréen Kim Jong-un menaçant de frapper une base américaine située sur l'île de Guam dans le Pacifique, Donald Trump promettant lui "le feu et la colère" en représailles aux provocations du régime de Pyongyang.

Un milliard de dollars de revenus en moins chaque année

Les sanctions adoptées début août visent à priver la Corée du Nord de revenus, à hauteur de 1 milliard de dollars chaque année, en bloquant les exportations nord-coréennes de charbon, de fer et de pêche. Le secteur pétrolier avait notamment été épargné et pourrait cette fois-ci faire l'objet de nouveaux blocages.

La question de l'utilité des sanctions se pose toutefois. Une nouvelle salve de mesures à l'encontre de la Corée du Nord poussera-t-elle Pyongyang à rejoindre la table des négociations ? Selon un rapport d'experts de l'ONU, le régime nord-coréen contourne allègrement les embargos en trouvant des débouchées pour ses productions de fer et de charbon, en dépit des blocages. Faux étiquetages, recours à des pays tiers pour éviter les contrôles chinois, nombreux changements d'immatriculation des bateaux... Le rapport a démontré que plusieurs pays d'Asie du Sud-Est ont reçu du charbon nord-coréen.

En contournant les mesures de l'ONU, la Corée du Nord avait fait commerce pour 270 millions d'euros entre octobre 2016 et juillet 2017, estiment les experts. Et deux navires nord-coréens ont été interceptés ces six derniers mois. Le contenu des cargaisons demeure inconnu, mais les deux bateaux avaient pour destination la Syrie et notamment un organisme spécialisé dans l'armement chimique.

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