près d'un million de déplacés en centrafrique
près d'un million de déplacés en centrafrique © reuters

Un mois après le début de l'opération Sangaris, la France est toujours en Centrafrique. Certains parlent d'enlisement, d'autres craignent une montée de la violence malgré la présence française.

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a beau défendre bec et ongle l'opération Sangaris, la violence entre chrétiens et musulmans est toujours présente et la perspective de prochaines élections reste très hypothétique.

Les soldats Français tentent de maintenir, ou bien de ramener le calme... Pas facile notamment dans les quartiers musulmans, où ils sont accusés de favoriser les chrétiens. Ils organisent des patrouilles en partenariat avec les soldats tchadiens. Une association qui permet de redorer le blason des deux côtés.

Reportage à Bangui de notre envoyé spécial Antoine Giniaux

Dans notre journal de 13h hier sur France inter, le président de MSF a expliqué comment l'insécurité sur place avait poussé l'organisation humanitaire à réduire fortement son action à Bangui. [Interview et reportages sur les difficultés de MSF en Centrafrique.](http://www.franceinter.fr/depeche-msf-pris-pour-cible-en-syrie-reduit-ses-activites-en-centrafrique) ### Les populations s'impatientent Dans l'immense camp de déplacés de l'aéroport de Bangui, où s'entassent plus de 100.000 personnes, l'attente se transforme parfois en exaspération: > Dans ce tout petit Bangui, avec ces tous petits mercenaires étrangers, Sangaris ne peut pas régler le problème en deux jours avec leurs chars ? (...) Donnez nous des armes, on va s'en occuper, nous! s'indigne Yaketé Souvenance, un déplacé de ce camp où ne vivent que des chrétiens. Situé sur une zone ultra sensible, ce camp est une poudrière où la tension monte à tel point que l'ONG Médecins sans frontières, qui avait installé un hôpital improvisé, a du en retirer ses expatriés, et que les distributions de vivres sont régulièrement ajournées. ### Les musulmans se méfient de la France Dans les quartiers musulmans, où règne la rumeur, on se persuade que la France soutient les anti-balaka au détriment des civils musulmans, régulièrement victimes de lynchages en pleine rue et en plein jour. Sur les murs du "PK 5", près de l'aéroport, les inscriptions: > "Non à la France" succèdent aux "Sangaris assassins" Depuis deux jours, les tentatives françaises d'installer des points fixes dans ces quartiers ont abouti à des manifestations sauvages de riverains, installant des barricades enflammées.
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