Le nouveau représentant personnel du président Macron pour la Syrie prend ses fonctions.

Vue d'un quartier de la ville d'Idlib, dans le nord de la Syrie et contrôlée par les rebelles.
Vue d'un quartier de la ville d'Idlib, dans le nord de la Syrie et contrôlée par les rebelles. © AFP / OMAR HAJ KADOUR

François Sénémaud est l'ex-ambassadeur de France à Téhéran. Il a également le titre "d'ambassadeur pour la Syrie" ce qui ne signifie pas pour autant la réouverture d'une ambassade à Damas. 

Mais sa prise de fonction le jour où s'ouvre à Paris la semaine des ambassadeurs confirme un tournant dans la politique française en Syrie. Cette nouvelle stratégie a commencé au printemps 2017.  Sur ce point,  le discours du chef de l'Etat devant les ambassadeurs est très attendu. 

Le changement de paradigme de la France sur la question syrienne entamé dès l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée se confirme au fil des mois. 

Depuis 2014 le dossier de la Syrie est piloté au Quai d'Orsay par Franck Gellet, 54 ans, qui vient d'être nommé ambassadeur au Qatar.

Un nouveau paradigme

En mai 2017, recevant Vladimir Poutine à Versailles, le nouveau président français jugeait indispensable de parler avec l'ensemble des parties prenantes au conflit syrien, y compris avec les représentants de Bachar el Assad. 

Depuis, la situation a confirmé la victoire sur le terrain du régime syrien grâce à son allié russe et àl'aide de l'Iran. Avec la prise de fonction de François Sénémaud, jusqu'alors ambassadeur à Téhéran et ex-directeur du renseignement à la DGSE, la France espère rentrer dans le jeu d'une solution politique en Syrie. 

Sujet abordé à de multiples reprises entre Paris et Moscou ces dernières semaines, notamment lors de la finale de la coupe du monde, le 15 juillet. La France veut dans un premier temps apparaître comme un acteur de paix,  en favorisant la distribution d'aide humanitaire aux civils dans les zones encore en guerre.  

Mais le vrai défi à relever pour le nouvel ambassadeur pour la Syrie sera de faire une place aux Occidentaux autour de la table des négociations. 

Emmanuel Macron a jugé qu'un "retour à la normale" en Syrie avec le maintien de Bachar al-Assad à sa tête serait "une erreur funeste".  

Un retour à la normale serait une erreur funeste

"Nous voyons bien ceux qui voudraient, une fois la guerre contre Daech achevée, faciliter un retour à la normale: Bachar al-Assad resterait au pouvoir, les réfugiés (...) retourneraient et l'Europe et quelques autres reconstruiraient", a déclaré le chef de l'Etat au cours de son discours annuel face aux ambassadeurs de France.  

"Si je considère depuis le premier jour que notre premier ennemi est Daech (acronyme arabe du groupe djihadiste Etat islamique, ndlr) et que je n'ai jamais fait de la destitution de Bachar al-Assad une condition préalable à notre action diplomatique ou humanitaire en Syrie, je pense qu'un tel scénario serait néanmoins une erreur funeste", a-t-il estimé.  

Le régime de Bachar al-Assad se dit déterminé à reprendre aux rebelles la province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec la Turquie. 

Cette région constitue le dernier refuge des groupes insurgés, chassés de leurs principaux bastions en Syrie.   En Syrie, "nous sommes à l'heure de vérité" alors que "nous abordons, je crois, les derniers mois du conflit" entamé en mars 2011, a ajouté Emmanuel Macron.

La guerre a fait en Syrie plus de 2 millions de blessés mais aussi 6,1 millions de déplacés à l'intérieur du pays et 5,3 millions de réfugiés syriens ont été enregistrés dans les pays voisins.
La guerre a fait en Syrie plus de 2 millions de blessés mais aussi 6,1 millions de déplacés à l'intérieur du pays et 5,3 millions de réfugiés syriens ont été enregistrés dans les pays voisins. © Visactu / .
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