Première conférence de presse du pape François devant des milliers de journalistes venus du monde entier.Enfin devrions nous dire, discours à la presse puisqu'aucune question n'était autorisée. Résultat, les rédactions se sont livrées à un grand numéro. Chaque reportage télévisé diffusait les interviews de journalistes étrangers. En effet, les reporters se sont interviewés les uns les autres à la sortie de la salle Paul VI.

Oui le pape ne répond pas aux questions et ce n'est pas une nouveauté. Dans le code qui régit les relations entre les journalistes et le souverain pontife, il n'est prévu aucun échange direct.

L'exemple le plus flagrant concerne les voyages pontificaux. Une semaine avant le départ, les journalistes envoient par mail les questions qu'ils souhaitent poser au pape une fois dans l'avion avant ou après son décollage. La secrétairie d'Etat examine les demandes et sélectionne quatre ou cinq dossiers.

Le jour J, les journalistes sont installés au fond de l'avion. Entouré de son porte parole, de son sécrétaire personnel et de deux ou trois cardinaux, le pape rejoint l'arrière de l'appareil. Le directeur de la sala stampa della santa sede désigne les journalistes sélectionnés qui tour à tour vont poser leur question mais en s'adressant à l'équipe de communication vaticane et non au pape directement.

Ensuite, le pape, lui, aura tout le loisir de développer une réponse qu'il a eu le temps de préparer.

Dans les conférences de presse, même principe. Le pape parle, le monde l'écoute. Il est à observer que le monde politique s'inspire de ce modèle ces derniers temps. Les questions traditionnellement posées à la fin sont souvent annulées, faute de temps, l'agenda est trop serré, etc etc, les alibis ne manquent pas et la conférence de presse n'a de presse que le nom et se transforme souvent en communication gouvernementale.

Mais avec le pape François, une nouveauté n'est pas à exclure. Ordinairement, tous les discours du pape dans les voyages ou évèments lithurgiques sont écrits à l'avance, et le texte transmis aux journalistes sous embargo. Ces derniers disposent d'un temps nécessaire pour écrire leurs papiers ou prévoir des réactions en fonction des paroles proférées par le souverain pontife. Benoit XVI ne sortait pas du discours écrit, et le lisait au mot et à la virgule près.

Le pape François préfère l'improvisation, et devrait s'autoriser quelques disgressions. en Amérique du Sud, le style et la manière de conduire une cérémonie est totalement différente du mode opératoire européen. De l'imprévu en perspective ?

Twitter : @ericvalmir

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