Barack Obama au Ghana
Barack Obama au Ghana © CC Us Army Africa

Le président américain innove, à partir de ce lundi et jusqu’à mercredi, en organisant à Washington un sommet Etats-Unis/Afrique. Une rencontre très axée sur les échanges économiques, et sur les grands défis des sociétés africaines.

Place des femmes dans l’économie, progrès médicaux, lutte contre la corruption, sécurité alimentaire, changements climatiques… Le programme de ces deux jours de rencontres englobe toutes les grandes questions que se pose l’Afrique… et auxquelles l’Amérique se gardera bien de proposer ses solutions toutes faites.

Jusqu'ici Obama n'avait pas montré grand intérêt pour le continent de ses ancêtres. Les explications de Charlotte Alix

Objectif affiché, donner aux africains les moyens d’innover, de s’ouvrir au monde par le développement économique. Déjà fin juillet, devant 500 jeunes entrepreneurs du continent invités à la Maison Blanche, le président américain avait invité les africains à "ne plus se chercher d’excuses" dans le passé colonial de leurs pays, et à "arrêter de regarder ailleurs pour trouver les solutions [pour] commencer à regarder les solutions de l'intérieur".

S’ils se gardent de toute volonté impérialiste, les Etats-Unis veulent clairement, avec ce sommet, séduire les leaders africains et contrer l’influence grandissante de la Chine sur leurs marchés. Devant une cinquantaine de dirigeants d’Afrique, Barack Obama aura donc à cœur de transformer en partenariats sonnants et trébuchants l’enthousiasme qu’avait suscité son arrivée au pouvoir il y a six ans.

Il y a une prise de conscience -tardive- à Washington, du nombre de part de marchées perdues par les Etats-Unis en Afrique explique l'homme d'affaires franco-marocain Richard Attias, qui organise depuis deux ans des forums économiques entre New York et l'Afrique. Il répond à Charlotte Alix

Barack Obama n'a prévu aucune rencontre bilatérale, la Maison Blanche mettant en avant un casse-tête logistique et diplomatique, mais un grand dîner à la Maison Blanche aura lieu mardi soir.

Un sommet sur fond d'épidémie Ébola

Le sommet devrait aussi évoquer l’urgence humanitaire du moment, l’épidémie du virus Ébola qui a déjà tué plus de 700 personnes en Afrique de l’Ouest et menace de se répandre plus largement. Un médecin américain qui était venu en aide aux victimes africaines a été rapatrié la semaine dernière car il avait contracté la fièvre hémorragique, et se trouvait dans un état inquiétant.

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D’ailleurs Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Libéria et son homologue sierra-léonais Ernest Bai Koroma ont renoncé à se rendre à Washington. Leurs pays est l’un des trois où sévit Ebola.

Des contrôles médicaux seront mis en place à l'arrivée sur le sol américain pour les délégués venant de pays affectés, des mesures de précaution pour des personnes qui auraient couru un "risque marginal, infinitésimal d'exposition", a assuré Barack Obama qui s'est voulu rassurant.

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