Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, en visite à Ankara, a apporté son soutien aux purges en cours en Turquie, alors que 10.000 personnes sont en détention préventive.

Thorbjorn Jagland a reconnu "le besoin de nettoyer" les institutions turques après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier
Thorbjorn Jagland a reconnu "le besoin de nettoyer" les institutions turques après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier © Maxppp / Krystian Maj

Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland, en visite à Ankara, a reconnu ce mercredi "le besoin de nettoyer" les institutions de ce pays après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier.

Alors qu'a lieu, dans les milieux de la justice, de l’armée, dans l’éducation et les milieux intellectuels, une traque implacable des sympathisants du prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux Etats-Unis, accusé d'être derrière le putsch avorté, Thorbjorn Jagland s’est borné à rappeler la nécessité de respecter l'Etat de droit.

"Je voudrais dire qu'il y a eu trop peu de compréhension de la part de l'Europe au sujet des défis que [le putsch raté] a créés pour les institutions démocratiques et l'Etat [en] Turquie", a-t-il notamment déclaré après une rencontre avec le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu.

Respect de l'Etat de droit

"Je reconnais que bien sûr il était nécessaire de lutter contre ceux qui étaient derrière ce coup d'Etat raté et aussi ce réseau secret, qui a infiltré les institutions de l'Etat, l'armée et aussi la justice", a dit M. Jagland, au sujet des sympathisants de M. Gülen. "Nous avions été informés de cela depuis très longtemps. Donc bien sûr nous voyons le besoin de nettoyer tout cela", a-t-il poursuivi, quelques heures avant une rencontre avec le président Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre Binali Yildirim.

Mais "il est aussi très important que cela soit fait en conformité avec l'Etat de droit et les normes de la convention européenne des droits de l'homme", a-t-il ajouté. Celle-ci mentionne "des principes très importants selon lesquels toute personne est innocente tant que sa culpabilité n'a pas été prouvée", a-t-il souligné.

Des propos à contrecourant des critiques qui pleuvent en Europe, face à l’ampleur de cette purge, qui a conduit jusqu’à présent à quelque 10.000 détentions provisoires et plus de 50.000 limogeages. Mais Thorbjorn Jagland s'est félicité du fait que le gouvernement turc ait accepté de "travailler avec des experts du Conseil de l'Europe pour que ceci se passe convenablement", au sujet de la période post-coup d'Etat lors de laquelle la Turquie vit sous l'Etat d'urgence pendant trois mois.

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