[scald=67993:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris ouvert une enquête préliminaire sur l'enlèvement de deux Français au Mali dans la nuit de mercredi à jeudi, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

L'enquête est menée pour "enlèvement en bande organisée en lien avec une entreprise terroriste", a-t-on précisé. Des enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) devraient se rendre sur place.

Les autorités françaises ont un doute sur l'activité réelle des deux hommes, présentés au départ comme des géologues, selon Europe 1.

Selon la radio, les deux hommes sont en effet bien connus des services secrets français.

Interrogé par Reuters, le ministère des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire sur la personnalité des otages, comme c'est la règle dans ce genre d'affaire.

"Nous sommes mobilisés pour obtenir leur libération", a dit Romain Nadal, porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.

Selon Europe 1, l'un des otages, d'origine hongroise, aurait participé en 1997 au recrutement de mercenaires yougoslaves envoyés combattre au Zaïre et il aurait fait partie deux ans plus tard d'un "réseau clandestin" en Serbie.

Le second aurait été arrêté en septembre 2003 aux Comores pour avoir voulu renverser le pouvoir du colonel Azali Assoumani dans une tentative de coup d'Etat, ajoute la radio.

Jeudi, le ministère français des Affaires étrangères avait souligné que les deux hommes, enlevés par un groupe armé dans un hôtel de Hombori, au nord du pays, ne s'étaient pas signalés auprès de l'ambassade de France.

Interrogé, Romain Nadal n'a pas voulu commenter l'information selon laquelle des soldats français ont été envoyés pour patrouiller aux côtés des militaires maliens dans la zone de l'enlèvement.

Des inconnus ont en outre enlevé vendredi trois Européens et en ont tué un quatrième à Tombouctou, dans le centre du Mali, a-t-on appris auprès d'une source gouvernementale malienne.

Sept personnes, dont cinq autres Français avaient été enlevés au Niger voisin le 16 septembre 2010 lors d'une opération revendiquée par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) à Arlit, site d'extraction d'uranium.

Il s'agissait d'un cadre du groupe nucléaire français Areva et son épouse, tous deux Français, et de cinq employés (trois Français, un Togolais et un Malgache) d'un sous-traitant.

En février dernier, la Française, le Togolais et le Malgache ont été libérés. Mais quatre Français sont toujours détenus, sans doute au Mali, selon les autorités du Niger.

Les expatriés français en poste dans la région avaient été évacués à la suite de l'enlèvement du 16 septembre 2010.

Gérard Bon, édité par Jean-Baptiste Vey

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