Etape décisive ce mercredi 20 février 2020 : la ministre française des Armées, son homologue allemande et le secrétaire d'état espagnol à la Défense ont signé le contrat pour lancer le prototype du SCAF (le Système de Combat Aérien du Futur). Les premiers vols d'essai du démonstrateur sont prévus en 2026.

Maquette du SCAF, le futur avion de combat européen
Maquette du SCAF, le futur avion de combat européen © Radio France / Nathalie Hernandez

Au terme d'un long bras de fer politico-industriel entre Paris et Berlin, Florence Parly et Annegret Kramp-Karrenbauer ont officiellement donné leur feu vert à la création d'un démonstrateur du SCAF, le Système de Combat Aérien du Futur. 

La ministre française des Armées et son homologue allemande ont signé un accord cadre initial de 150 millions d'euros pour une durée de 18 mois. Voilà qui va permettre aux industriels de travailler sur le développement et les technologies du démonstrateur du futur avion de combat, ce pré-prototype destiné à valider la faisabilité du SCAF. C'est à dire sur sa furtivité, l'intelligence artificielle et les connectivités dont il aura besoin. Le démonstrateur devrait réaliser ses premiers vols en 2026. 

Un concurrent pour les Américains

Le SCAF doit à terme remplacer (dans une vingtaine d'années) les Rafale et les Eurofighter d'aujourd'hui et par la même occasion être un sérieux concurrent européen au chasseur F-35 de Lockheed Martin sur la scène internationale. 

Quant aux Espagnols, ils viennent eux aussi de s'associer au projet, le secrétaire à la Défense Angel Ramirez a lui signé pour son pays une lettre d'intention afin que Madrid intègre les études de recherches et technologies dans les moins à venir. 

Il est vrai que depuis plusieurs mois le ciel était assombri entre Paris et Berlin. Lancé en grandes pompes au Salon aéronautique du Bourget en France en juin 2019, le projet du SCAF patinait. Berlin redoutait de voir ses industriels défavorisés dans cette aventure pilotée par la France mais financée à parts égales entre les deux pays. Le principal écueil a été finalement levé la semaine dernière, les parlementaires outre-rhin ont  voté les crédits en posant plusieurs conditions dont notamment celle-ci : que le développement du futur char de combat MGCS franco-allemand soit mené en parallèle et sans délai. 

Un projet au long cours 

Chez Dassault comme chez Airbus la satisfaction se lisait toutefois sur les visages. 

"Il y a des différences de processus entre la France et l'Allemagne, ça ne veut pas dire que les députés sont moins convaincus par le SCAF"a reconnu Dirk Hoke, le président exécutif d'Airbus Defense and Space.

Pour Eric Trappier , PDG de Dassault Aviation , le temps est au beau fixe :

Nous qui sommes des spécialistes de l'aviation, nous savons que quelquefois il y a des nuages mais nous passons au dessus des nuages et nous retrouvons le ciel bleu. Aujourd'hui nous sommes dans un ciel bleu.

Les investissements ne sont pas pour autant terminés. La France et l'Allemagne devront encore mettre la main à la poche et verser 4 milliards d'euros jusqu'en 2025. Si tout va bien le SCAF prendra son envol à l'horizon 2040.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.