Angela Merkel et François Hollande
Angela Merkel et François Hollande © REUTERS/Francois Lenoir / REUTERS/Francois Lenoir

Pour la première fois depuis quatre ans, L'UE tente de relancer l'Europe de la défense. Les dirigeants des 25 ont approuvé quatre programmes de coopération dans l'industrie de l'armement. Ils restent pourtant divisés sur une "Europe de la Défense".

François Hollande a rappelé que la France était depuis longtemps l'avocate d'une relance d'une défense européenne.

Hollande veut un appui financier

J'ai reçu beaucoup d'appuis des gouvernements européens, de la quasi totalité d'entre eux, et donc les financements doivent suivre également ces soutiens politiques.

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L'opposition britannique

Il ne devrait cependant guère obtenir plus que la promesse d'un examen "rapide" des "aspects financiers des missions et opérations de l'UE". La Grande-Bretagne, seul pays de l'UE doté de forces armées et d'une doctrine d'emploi comparables à celles de la France, rejettele concept d'une défense européenne. Elle bloque ainsi symboliquement toute augmentation du budget de fonctionnement de l'Agence européenne de défense, gelé à 30,5 millions d'euros par an, alors que l'AED, créée il y a dix ans, est censée coordonner les efforts de coopération et de mutualisation des pays de l'UE dans le domaine de l'armement. Le Premier ministre britannique a déclaré à son arrivée que si la coopération entre Etats sur les questions de défense avait du sens, il n'était pas judicieux que l'UE se dote de capacités militaires en propre. Selon David Cameron :

Nous devons tracer une démarcation entre la coopération, qui est une bonne chose, et des capacités de l'UE, ce qui ne l'est pas.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a pour sa part souhaité que les Vingt-Huit se penchent sur la meilleure façon d'entraîner et d'équiper les forces armées nationales dans les régions en crise, comme le Sahel. "Parce que nous, Européens, nous ne pouvons pas régler tous les problèmes du monde. Nous devons donner à ces régions la capacité de s'aider elle-mêmes."

L'Otan pour une défense européenne

C'est la première fois depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre 2009 que le Conseil européen mettait à son ordre du jour un débat thématique sur la défense. Invité d'honneur de ce débat, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a prononcé un vibrant plaidoyer en faveur d'une défense européenne :

Nous voulons tous voir une Europe forte, engagée, capable de jouer sa partie dans la gestion des crises internationales et nous voulons tous nous assurer que les nations européennes ont les instruments nécessaires. Cela signifie développer des capacités militaires et une forte base industrielle européenne.

Il a cité les drones d'observation, le ravitaillement en vol et le transport aérien, objets de deux des quatre programmes de coopération approuvés par le Conseil, avec la cyberdéfense et les communications par satellites. La directrice exécutive de l'AED, Claude-France Arnould, espère que ces programmes de coopération enclencheront une dynamique qui pourra être étendue à d'autres domaines. "Le drame serait de se réveiller de la crise financière guéris mais en ayant perdu entre-temps toute notre capacité industrielle et technologique de défense", une vision partagée par Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité commune, pour qui "les Européens doivent coopérer plus étroitement" s'ils veulent rester un acteur mondial.

Les pays de l'UE "pourraient mieux utiliser les 200 milliards d'euros qu'ils dépensent chaque année dans la défense si le concept de mutualisation et partage était plus largement appliqué.

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