Une humanitaire française enlevée à Bangui
Une humanitaire française enlevée à Bangui © Idé

Une Francaise de 67 ans en mission humanitaire à Bangui a été enlevée lundi et l'archevêché de la capitale centrafricaine a entamé des discussions avec les ravisseurs, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.

La France n'avait plus aucun otage dans le monde depuis la libération de Serge Lazarevic début décembre 2014. Une parenthèse à laquelle des miliciens centrafricains ont mis fin cette semaine. "Paris déplore cet acte contraire au droit humanitaire et appelle les responsables à libérer au plus tôt notre compatriote", écrit le quai d'Orsay dans un communiqué.

Les précisions d'Aurélien Colly

L'enlèvement a été perpétré par des miliciens chrétiens anti-balaka, mécontents de l'arrestation d'un de leurs chefs samedi par les casques bleus de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies. L'homme est soupçonné d'avoir ordonné des massacres de musumans en décembre 2013.

Une représentante de l'ONU également enlevée

L'otage française effectuait en République centrafricaine une mission humanitaire, financée par une association apportant son soutien à des villages de RCA en matière de santé et d'éducation. Un porte-parole de Caritas a expliqué à Reuters qu'elle travaillait pour une organisation locale.

Ce matin un pick-up a été intercepté à Bangui avec à l'intérieur une expatriée française qui travaille pour le service national de santé du diocèse de Bangui et deux frères spiritains dont on ignore la nationalité. Donc, trois personnes enlevées. La femme ne travaille pas à proprement parler pour Caritas et les 'frères spiritains' sont des membres de la Congrégation du Saint-Esprit, des missionnaires très actifs en Afrique.

Mardi matin, l'ONU a également signalé l'enlèvement d'un membre de son personnel, une employée elle aussi attaquée, selon les premiers éléments, par des anti-balaka. "Elle se trouvait en compagnie d'un autre collègue de nationalité ougandaise à bord d'un mini-bus UN, chargé de ramasser le personnel tous les matins pour les déposer au bureau", explique une source à la Mission des Nations Unies en Centrafrique.

La France a décidé de retirer progressivement ses troupes de la République centrafricaine où les soldats de la mission des Nations unies, la Minusca, sont en cours de déploiement.

De 2.000 aujourd'hui, la force Sangaris passera à 1.700 hommes au printemps et 800 à l'automne.

L'opération, lancée en décembre 2013, visait à mettre fin aux massacres de masse et à ramener le calme en Centrafrique, pays déchiré par les affrontements entre anciens rebelles musulmans et milices chrétiennes ("anti-Balaka"), qui ont fait des milliers de morts et près d'un million de déplacés.

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