Un égyptien montre son passeport pour voter au érférendum
Un égyptien montre son passeport pour voter au érférendum © REUTERS/Majed Jaber
**Les Egyptiens sont appelés à se prononcer par référendum, mardi et mercredi, sur une nouvelle Constitution, première consultation populaire depuis l'éviction du président islamiste Mohamed Morsi en juillet dernier.** 53 millions d’électeurs égyptiens sont appelés à se prononcer sur la future constitution. Le oui devrait très largement l'emporter. Le texte a été rédigé après la destitution de Mohamed Morsi, et se veut le premier pas vers la normalisation dans le pays. Sur le papier, de vrais progrès en terme de libertés individuelles, de parité homme-femme. Mais aussi une inquiétude : l’armée conserve son statut privilégié. ### L'armée, l’état dans l’état S’il y a bien une chose qui n’a pas changé en Egypte, en trois ans et trois présidents différents, c’est bien la place privilégiée de l’armée. Cette constitution, comme la précédente rédigée après les islamistes, maintient les tribunaux militaires pour les civils. Cette fois encore, le budget de l’armée reste un secret absolu. Mais cette constitution va encore plus loin. Avec un article qui met l’armée au dessus de tout. Y compris au dessus du choix des égyptiens. Puisque **c’est à l'armée de choisir son ministre de la défense, et le président, pourtant élu, ne pourra que valider la décision des militaires** . **Pour Mustafa Kamel El Sayed, professeur de sciences politiques à l’université du Caire, il s'agit là d'une aberration démocratique.** > C'est inquiétant mais l'opinion publique est favorable à cette position privilégiée de l'armée
Cette mansuétude de la population explique notamment parce que l’armée égyptienne est lancée dans une guerre contre le terrorisme, et pour beaucoup, ça lui donne tous les droits. Des droits que l'armée a cru perdre il y a trois ans, quand la révolte contre Moubarak a démarré. Aujourd’hui pour l’armée, tout semble enfin rentrer dans l’ordre. La nouvelle Constitution remplacera celle qui avait été signée par Mohamed Morsi il y un peu plus d'un an et avait également été approuvée par référendum. Il s'agit d'aileurs du troisième référendum constitutionnel en trois ans, le sixième scrutin depuis la chute d'Hosni Moubarak le 11 février 2011. ### Le général Sissi a appelé les Egyptiens à participer massivement au référendum Les mesures de sécurité sont renforcées dans tout le pays pour assurer la sécurité des opérations de vote pour ce scrutin boycotté par les Frères musulmans. Le ministère de l'Intérieur a déployé 220.000 policiers et 500 unités de combat, rapporte la télévision publique. L'armée a annoncé que 160.000 soldats sécuriseront les quelque 30.000 bureaux de vote du pays, alors que la peur des attentats qui se sont multipliés depuis la destitution de Mohamed Morsi pourrait inciter de nombreux électeurs à rester chez eux.
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