La France a décidé de prêter au Royaume-Uni la fameuse tapisserie de Bayeux, oeuvre du XIe siècle qui raconte comment Guillaume le Conquérant a envahi l'Angleterre en 1066. Un prêt qui ne devrait pas intervenir avant 2020.

Selon le conservateur du Musée de Bayeux, ce prêt est la "preuve des liens profonds qui unissent" la France et la Grande--Bretagne
Selon le conservateur du Musée de Bayeux, ce prêt est la "preuve des liens profonds qui unissent" la France et la Grande--Bretagne © AFP / Ville de Bayeux / Stephane Maurice

Un sommet bilatéral France-Grande Bretagne se déroule ce jeudi à l'académie militaire de Sandhurst, au sud-ouest de Londres. Emmanuel Macron et Theresa May doivent débattre essentiellement de questions de sécurité des frontières et de défense.

Le sommet s'achèvera au Victoria and Albert Museum où les deux dirigeants doivent annoncer un programme d'échanges d'oeuvres d'art qui pourrait notamment porter sur un prêt de la célèbre Tapisserie de Bayeux, chef d'œuvre presque millénaire relatant l'invasion de l'Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant.  

Un prêt qui n'interviendrait "pas avant 2020", a précisé l'Elysée, car "il y aura des travaux de restauration du musée de Bayeux pendant quelques mois", de ce qui est plus qu'une oeuvre d'art mais aussi "un objet patrimonial extrêmement fragile"

Un prêt qui réjouit la Première ministre britannique qui trouve "très significatif que la tapisserie vienne au Royaume-Uni. Nous ferons en sorte que le maximum de gens puissent la voir".  Plusieurs médias britanniques spéculaient sur le lieu choisi pour accueillir la tapisserie. 

Retour aux sources ?

Le lieu de la fabrication de la tapisserie reste un sujet de débat mais des inscriptions laissent penser qu'elle aurait été brodée par des moines anglais. Pour Pierre Bouet, historien médiévaliste, "la tapisserie a très probablement été conçue à Canterbury, dans le Kent, où existaient à l'époque de nombreux ateliers de broderie". Il considère donc qu'un prêt "ce serait un retour aux sources"

La tapisserie décrit le voyage d'Harold en Normandie, son retour en Angleterre et son couronnement après la mort du roi Edouard le Confesseur au XIe siècle. Elle montre aussi  la préparation de l'expédition organisée par le duc Guillaume pour envahir l'Angleterre, la traversée de la Manche et la bataille d'Hastings en 1066. 

Cette tapisserie est très importante pour les britanniques explique Antoine Verney, le conservateur en chef des musées de Bayeux. Des anglais qui se proposent de l'exposer en Grande Bretagne très régulièrement.

Chaque petit britannique apprend à l'école une date : 1066 avec la tapisserie en image rétinienne, comme les Français apprennent 1789

Un document historique mais aussi une oeuvre d'art très fragile 

La fameuse tapisserie, est en fait une broderie de laine sur une fine toile de lin de 68,38 mètres de longueur, constituée de neuf panneaux d'une largeur de 50 cm et de longueurs inégales.

Une expertise 1982 l'avait décrite comme étant en "bon état", mais beaucoup s'inquiètent qu'elle puisse souffrir de ce déplacement.  Si l'Elysée parle d'un voyage pas avant 2020, la Ville de Bayeux a rappelé dans un communiqué les conditions qu'elle met avant toute présentation à Londres.

Bouger l'oeuvre "pose évidemment énormément de questions" explique Antoine Verney. Mais le projet de redéploiement du musée de Bayeux fait que des experts du ministère de la Culture et des experts internationaux avaient déjà commencé à réfléchir "à l'élaboration d'un projet architectural et technique d'un coté et à un programme d'étude de l'état de conservation et d'éventuelles restaurations de l’oeuvre. Un travail collectif qui va prendre quelques années". Tout ceci avant de "définir les condition réelles de transport" précise Antoine Verney, "en relations avec les britanniques."

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