Israël a annoncé une trêve unilatérale partielle d'une durée de sept heures ce lundi dans la bande de Gaza, un cessez-le-feu qui intervient après les critiques sévères subies par l’État hébreu en réaction au bombardement d'une école gérée par l'UNRWA qui a fait dix morts dimanche à Rafah.

une palestinienne est mise en terre à Gaza city durant une trêve
une palestinienne est mise en terre à Gaza city durant une trêve © REUTERS/Suhaib Salem

C'est la troisième fois en dix jours qu'une école de l'ONU, où des déplacés ont trouvé refuge, est prise pour cible et les réactions internationales sont fortes. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dénoncé un acte criminel et le département d'Etat américain s'est dit "horrifié" par un bombardement "scandaleux". Quant à François Hollande, il a jugé "inadmissible" le bombardement de cette école et demandé que les responsables de cette action, qu'il n'a pas désignés, "répondent de leurs actes".

L'armée israélienne s'est justifiée en expliquant avoir "visé trois terroristes djihadistes qui se trouvaient sur une moto aux abords d'une école de l'UNRWA à Rafah".

Une trêve partielle

L'armée israélienne a déclaré qu'elle cesserait le feu entre 10h00 et 17h00 locales (9h00-16h00 à Paris) mais riposterait en cas d'attaque. Une trêve qui ne s'appliquera pas dans le sud de la bande de Gaza, autour de Rafah, où les chars et troupes israéliens sont toujours présents, après s'être retirés ou redéployés vers les limites du territoire au cours du week-end. Dimanche, 71 personnes ont encore péri dans le seul secteur de Rafah, et sept autres ont été tuées dans la soirée dans le nord de la bande de Gaza. Et lundi matin, avant l'entrée en vigueur de la trêve, 10 Palestiniens ont été tués dans de nouveaux raids.

La région de Rafah -zone où le cessez-le-feu ne sera pas appliqué- est violemment bombardée depuis vendredi. Les habitants se trouvent dans une situation critique et les hôpitaux ont de plus en plus de mal à faire face à l'afflux de blessés.

Reportage d'Etienne Monin à l'hôpital de Rafah

Le bilan après 27 jours de combats

A la gare de Jérusalem d'où partent les bus emmenant les réservistes au front.
A la gare de Jérusalem d'où partent les bus emmenant les réservistes au front. © Radio France/Benjamin Illy
Le conflit a fait des centaines de milliers de déplacés, plus du quart de la population du territoire (1,8 million d'habitants). Trois mille habitations ont été détruites ou endommagées. Le bilan humain de "Bordure protectrice" frôle désormais les 1.800 morts dans le territoire palestinien, en majorité des civils. Coté israélien, outre trois civils, 64 soldats israéliens ont été tués et les obsèques rythment les informations télévisées. Les soldats de Tsahal se disent prêt à sacrifier leur vie au nom de la sécurité d'Israël, cherchant à en finir avec le Hamas, quitte à bombarder des civils gazaouis pris au piège. **Benjamin Illy a pu rencontrer certains de ces soldats : il s'est rendu dimanche à la gare centrale de Jérusalem, là où les réservistes de l'armée israélienne, prennent le bus qui les emmène au front**
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