Les Américains votent le 8 novembre. D'ici là, notre correspondant à Washington nous livre son billet quotidien de campagne.

#USA 2016 : banderoles anti-média manifestation pro-Trump à Tampa en floride le 24 octobre 2016
#USA 2016 : banderoles anti-média manifestation pro-Trump à Tampa en floride le 24 octobre 2016 © Reuters / Jonathan Ernst

Plus l’échéance du 8 novembre approche, et plus la rhétorique anti-média devient une partie essentielle du discours de Donald Trump. Lundi en Floride, il a qualifié les médias de "plus escrocs et plus corrompus encore qu’Hillary Clinton, produisant des sondages truqués, et n’ayant aucun souci de ce qui préoccupe vraiment les électeurs".

Sans doute s’agit-il d’un argument électoral, d’une partie intégrante d’un discours populiste efficace dans un pays où 60% des personnes interrogées dans une enquête d’opinion disent ne pas avoir confiance dans ce que racontent les médias écrits comme audiovisuels. Sans doute aussi Donald Trump a-t-il noté qu’aucun grand journal américain ne lui apporte son soutien dans cette campagne, à l’exception notable du Las Vegas Review détenu par le magnat des casinos Sheldon Adelson qui est par ailleurs un des principaux donateurs de la campagne Trump.

Mais dans ce discours peut-être aussi y-a-t-il comme la bande-annonce d’un plan B en cas de défaite le 8 novembre. Quand on est businessman, comment capitaliser sur ce mouvement d’adhésion réel et massif qui s’est manifesté pendant tous ces longs mois ? De quelle manière aussi peser sur l’après 8 novembre tout en n’étant pas à l’intérieur de l’appareil du parti Républicain ? La solution a un nom de code : Trump TV! Selon plusieurs journaux américains, son gendre - qui est son principal associé en affaires - a pris contact avec des fonds d’investissement, et même si Donald Trump en début de campagne écartait cette hypothèse tout indique qu’il y réfléchit soigneusement.

Parmi ses conseillers les plus proches, on trouve en effet Roger Ailes, l’ancien patron de la chaîne conservatrice Fox, démissionné très récemment à cause d’un scandale de harcèlement sexuel. On trouve aussi Steve Bannon, le nouveau directeur général de la campagne de Donald Trump, également patron du site très à droite Breitbart qui rêve d’élargir son audience et d’avoir un outil puissant pour mener la bataille idéologique contre les médias républicains traditionnels. On peut également citer l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, sans doute l’homme politique le plus proche de Donald Trump en ce moment, et qui a été il y a 20 ans un acteur essentiel de la création de Fox News.

►►►PORTRAIT | Mais qu'est-ce qui fait courir Giuliani?

En tout cas, Donald Trump rode déjà son propre système d’information via les réseaux sociaux. Outre son activisme fiévreux sur Twitter, le candidat républicain propose tous les soirs sur sa page Facebook son vrai journal de la campagne, à rebours de tous les mensonges proférés à la même heure dans les journaux des grands réseaux américains.

Pendant les primaires républicaines ses opposants ont accusé les chaines d'information continue de se transformer en Trump TV, lui à l’époque n’avait qu’à se féliciter de ces audiences gratuites qui lui ont évité d’avoir à acheter de coûteux spots de publicité. Mais aujourd’hui, il a rebaptisé CNN "Clinton News Network", et il accuse même ces chaines de ne pas couvrir ses meetings. Une censure qu’il est le seul à avoir noté car je vous rassure, il est difficile aujourd’hui encore d’échapper à Donald Trump quand on allume sa télé!

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.