Un militant républicain anti-Trump frappé par les fans de Trump dans un meeting.

Donald Trump évacué lors du meeting de Reno dans le Nevada
Donald Trump évacué lors du meeting de Reno dans le Nevada © Reuters / Stringer

Cela restera comme l’image choc de cette fin de campagne, Donald Trump, main sur le front comme une visière penché vers les premiers rangs de la salle où il est en meeting à Reno dans le Nevada, essayant de comprendre le chaos qui s’empare de la foule, et immédiatement saisi par deux agents du Secret Service chargé de la protection des candidats qui l’exfiltrent et le mettent à l’abri en coulisses. Quelques minutes avant le candidat avait dénoncé des manifestants venus perturber son meeting comme étant envoyés par la campagne Clinton.

Là, c’est une rumeur qui a déclenché cette panique ; quelqu’un serait armé, et cette personne serait un homme d’une trentaine d’années brandissant une pancarte et s’avançant pas loin de la scène. Difficile d’imaginer que l’on puisse rentrer avec une arme dans un tel meeting, les fouilles sont systèmatiques, il faut passer des portiques de sécurité, même les bouteilles d’eau doivent être abandonnées avant d’entrer, mais le Secret Service ne peut pas prendre le moindre risques d’autant que la confusion totale règne dans la salle. Les supporters de Donald Trump ont en fait eux-mêmes neutralisé le suspect, il avait déjà été plaqué au sol quand les policiers sont intervenus pour l’interpeller.

Il faudra quelques dizaines de minutes pour savoir qu’il n’y avait en fait aucune arme, et aucune menace réelle, et pour comprendre aussi sans doute que le manifestant n’avait pas été envoyés par les démocrates. Cet homme de 33 ans est un républicain du Nevada, il vote régulièrement pour les candidats de ce parti, mais il fait partie de cette frange de républicains anti-Trump et c’est ce qu’il voulait faire savoir avec sa pancarte « Républicains contre Trump ». Il a été très vite relâché par la police et il raconte à un confrère du Guardian qu’il a été terrifié par la foule et qu’il a eu peur pour sa vie. Il affirme qu’il a été frappé à terre à plusieurs reprises par des militants qui assistaient à la réunion.

Ce n’est pas le premier incident dans un meeting de Donald Trump ; le candidat a pour habitude de demander d’évacuer les gêneurs ; il avait même suggéré en début de campagne qu’il ferait bien le coup de poing à l’occasion. Bien sur le candidat républicain n’est pas responsable du désordre dans ses meetings, mais quel contraste avec la scène vécu la veille en Caroline du Nord où se trouvait Barack Obama. Là, c’est un supporter de Donald Trump qui s’est levé pour crier pendant le discours, la foule l’a entouré, et a commencé à le huer. Le président américain a alors donné l’ordre de se calmer, il a rappelé le principe de la liberté d’expression aux Etats-Unis, il a dit qu’on ne s'en prenait pas à une personne âgée, un vétéran de l’armée, avant de reprendre en chœur par la foule : on ne hue pas, on vote. Fin de l’incident.

Cela n’a pas empêché Donald Trump pendant toute la journée d’affirmer qu’un de ses supporters avait été malmené dans ce meeting y compris par Barack Obama. Une réécriture de l’histoire effectuée également après l’incident de Reno par son fils Donald Junior et par le responsable de sa campagne sur les réseaux sociaux. Ils ont tous les deux relayé sur Twitter un des multiples messages affirmant contre toute évidence que Donald Trump avait été victime d’une tentative d’assassinat et qu’il avait été tellement plus courageux qu’Hillary Clinton mise à l’abri un peu plus tôt à cause d’un violent orage lors d’un de ses meetings.

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