L’actuel président américain est aussi impliqué dans le sprint final de la campagne que s'il était candidat.

Barack Obama en meeting à Charlotte pour soutenir Hillary Clinton
Barack Obama en meeting à Charlotte pour soutenir Hillary Clinton © AFP / Peter Zay

Je sais, cela réclame un effort d’imagination intense ; mais mettez-vous à la place de quelqu’un qui débarque ces jours-ci aux Etats-Unis, qui ne sait rien de la campagne électorale en cours, qui découvre que les américains vont élire leur 45e président mardi prochain, et demandez-lui qui sont les candidats en lice. Il y a de grandes chances qu’il vous réponde Donald Trump et Barack Obama. L’actuel président serait en effet candidat, il ne serait pas plus impliqué dans ce sprint final ; la Maison-Blanche, il n’y est que pour dormir et d’ailleurs Donald Trump lui réclame désormais dans tous ses meetings de retourner à son travail.

Barack Obama avait prévu de soutenir Hillary Clinton. Son bureau avait annoncé une dizaines de réunions électorales, mais il n’imaginait sans doute pas devoir reprendre le rythme de 2008 et 2012. A trois jours du scrutin, la fameuse coalition qui lui a permis d’accéder au pouvoir semble fragile ; les indications fournies par le vote anticipé démontrent que les afro-américains et les jeunes ne sont pas mobilisés autant que nécessaire et il reste le meilleur atout pour redonner de l’énergie.

La carte Obama n’est pas toujours gagnante, pendant les élections de mi-mandat, il n’avait pas permis d’éviter de sérieuses défaites électorales au Congrès, mais dans cette élection sa popularité est un atout majeur. Elle est en tout cas bien supérieure à celle d’Hillary Clinton.

Pour Barack Obama, il s’agit de tout sauf de travaux forcés. Etre en campagne, c’est une seconde nature, et il endosse tous les costumes.

Un jour, il est l’agent électoral en chef, et il livre en meeting les adresses des bureaux de vote les plus proches pour que tout le monde s’y précipite dès la sortie.

Le lendemain, il donne en direct une leçon de démocratie et de vivre ensemble en intimant l’ordre à ses supporters de ne plus huer un partisan de Donald Trump venant perturber la réunion. En permanence il brosse avec un mélange d’humour et de solennité le tableau apocalyptique d’un Donald Trump à la Maison-Blanche.

C’est presque devenu une affaire personnelle.

Le président américain a évidemment dit publiquement que si Donald Trump était élu, il ferait tout pour faciliter la transition avec son successeur. Mais c’était après les débats, quand le candidat républicain menaçait de ne pas reconnaître une éventuelle victoire d’Hillary Clinton et quand il était au plus bas dans les sondages. La perspective de l’élection du milliardaire populiste est bien le pire cauchemar politique de Barack Obama, ce serait d’une certaine manière une preuve d’échec de ses deux mandats. Voilà pourquoi il va jusqu’à dire devant la communauté noire, ce serait une insulte à ma personne, et une insulte à mon héritage si vous ne vous mobilisez pas en masse pour élire Hillary Clinton.

Le 8 novembre, le nom de Barack Obama ne sera pas sur le bulletin de vote mais le président américain aura bien été le troisième homme de la présidentielle.

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