Les Américains éliront leur président(e) le 8 novembre. En attendant, notre correspondant Frédéric Carbonne livre son billet de campagne. Aujourd'hui, place aux co-listiers.

#USA 2016 : Pence/Kaine, le débat parrallèle
#USA 2016 : Pence/Kaine, le débat parrallèle © Getty / Getty

La nuit prochaine en Virginie va se dérouler le débat entre présidents de rechange. Parce qu’une fois élu, la seule fonction institutionnelle du vice-président est bien d’être prêt à remplacer le président, au cas où.

C’est arrivé neuf fois dans l’histoire, souvent pour cause de décès et le plus récemment, Gérald Ford en 1976 pour remplacer Richard Nixon, obligé de démissionner pour cause de Watergate. Quand Tim Kaine a été sélectionné par Hillary Clinton et Mike Pence par Donald Trump, les deux candidats ont donc juré que ce critère (d'éventuellement les remplacer) avait guidé leur décision.

Un choix surtout électoraliste

La question que se pose tout candidat à la Maison blanche lorsqu'il va choisir son colistier, c'est : qui va le plus m’aider à être élu ?

#USA2016 :Kkaine/Pence, le débat des hommes invisibles
#USA2016 :Kkaine/Pence, le débat des hommes invisibles © Visactu / Visactu

Avec Mike Pence, l’ultra-conservateur gouverneur de l’Indiana (qui commence toujours ses discours en disant qu’il est avant tout guidé par Dieu), il s’agissait de fidéliser la clientèle des chrétiens évangéliques et d’avoir un homme d’expérience aux côtés du novice en politique. Mission accomplie, dans un contexte pas facile, Mike Pence a souvent joué "les traducteurs" en langage républicain traditionnel des propos d'un candidat transgressif.

Côté démocrate, Tim Kaine assume sa discrétion, il parle espagnol quand il le faut pour séduire l’électorat latino, il pèse de tout son poids dans l’Etat-clé de Virginie dont il est sénateur, et il n’a pas caché son trouble quand dans un meeting, pendant la maladie d’Hillary Clinton, un élu démocrate l’a accueilli sur scène en disant qu’il était sûr qu’il ferait un excellent président.

Voilà donc les deux quinquagénaires face à face dans un débat dont par tradition le mot d’ordre est de ne pas faire de vagues. Avant tout, il s’agit de ne rien faire perdre aux candidats à la présidence, ceux qui se retrouveront dans quelques jours pour leur deuxième débat.

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Objectif : pas de vague

Avec Tim Kaine et Mike Pence, à priori il n’y a pas de risque de gaffe. Tous les deux sont des élus expérimentés, ils ont souvent pratiqué ce genre d’exercice lors de leurs mandats locaux, et ils ont une réputation de sérieux. Tim Kaine revendique même d’être ennuyeux.

Finalement, ce qui devrait mettre de l’animation, c’est le troisième homme, la figure obsédante de la campagne, l’inévitable Donald Trump. Dans un moment où les dossiers Trump remontent à la surface, le candidat républicain devrait être au centre du débat. Et il ne sera pas facile à Mike Pence d’expliquer pourquoi il a choisi de rendre publique sa déclaration d’impôts alors que le candidat républicain s’y refuse obstinément. Ce sera la question et la réponse que l’on va surveiller la nuit prochaine. Ces deux personnages de l’ombre de la vie politique américaine pourraient en tout cas profiter de l’engouement exceptionnel autour de cette campagne pour passer enfin dans la lumière.

Le record d’audience pour un tel débat date de 2008 : Joe Biden face à Sarah Palin avec près de 70 millions de téléspectateurs. Pas sûr pour autant qu’ils accèdent au statut de vice-président le plus populaire pour les Américains, la place est prise par l'indéboulonnable Selina Meyer, l’héroïne de la série Veep, multi-primée aux Emmy Awards et aux Golden Globes, et qui, depuis la fin de la troisième saison, a même accédé à la fonction de présidente!

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