A 4 jours de la présidentielle américaine, Frédéric Carbonne nous livre son billet de campagne. Ce vendredi, les girouettes du parti républicain face à la candidature Trump.

#USA 2016 : le sénateur républicain Ted Cruz
#USA 2016 : le sénateur républicain Ted Cruz © AFP / Mark Kauzlarich

On sait depuis Edgar Faure que c’est le vent qui tourne et non pas la girouette. Mais avec la tempête Trump qui souffle sans discontinuer depuis des mois, les girouettes républicaines donnent littéralement le tournis! En moins d’un mois, les pauvres élus ont été soumis au régime de la douche écossaise.

Il y a d'abord eu la chute dans les enquêtes d’opinion au moment des débats et de la vidéo sexiste de Donald Trump . Puis il y a eu puis ces derniers jours la remontée grâce à l’affaire des e-mails d'Hillary Clinton et au retour au bercail de l’électeur républicain de plus en plus légitimiste à l’approche du scrutin du 8 novembre. Les élus du Grand Old Party , faute de diriger quoi que ce soit dans cette campagne, s’efforcent donc d’accompagner ces mouvements.

Prenez par exemple Ted Cruz. Le sénateur du Texas, dernier opposant à Donald Trump durant les primaires, avait traité son rival de sociopathe dangereux et était même venu à la Convention du parti à Cleveland dire qu’il ne le soutenait pas.

USA 2016 : Ted Cruz s'oppose à Donald Trump lors de la primaire républicaine en février 2016, avant de se rallier à l'homme d'affaires
USA 2016 : Ted Cruz s'oppose à Donald Trump lors de la primaire républicaine en février 2016, avant de se rallier à l'homme d'affaires © Reuters / Jim Young

Puis est arrivée la première vague positive de sondages, en septembre, après l’épisode de pneumonie d’Hillary Clinton. Ted Cruz fait donc savoir, juste avant les débats, que "oui, il va voter Trump". Puis, patatras, voilà la vidéo sexiste. Ted Cruz se refait alors discret et annule un meeting de soutien au candidat républicain. Jusqu’à ce mercredi 2 novembre, où on le voit en campagne dans l’Iowa avec Mike Pence, le co-listier de Donald Trump , qu'il avait battu aux primaires, puis montant à bord de l’avion siglé Make America Great Again "(redonner sa grandeur à l'Amérique", le slogan de campagne de Trump). Ted Cruz est le plus célèbre de ces contorsionnistes mais il n’est pas le plus caricatural.

La palme du reniement revient à un représentant de l’Utah au Congrès de Washington. Jason Chaffetz avait fait le tour des plateaux télé le 7 octobre, le soir de cette vidéo scandaleuse dont les républicains pensaient qu’elle allait définitivement couler Donald Trump. Il expliquait alors qu’il ne pourrait plus regarder sa fille dans les yeux s’il soutenait encore Trump, qu’il n’allait pas salir son nom et sa réputation. Lui aussi est venu dire mercredi 2 novembre qu’il avait voter Trump en famille parce que "décidément il n’y a pas de pire danger pour l’Amérique qu’Hillary Clinton".

Le record du nombre d'allers-retours revient, lui, à un candidat au Sénat dans le Nevada. Joe Heck a été le premier dans son Etat à apporter son soutien à Donald Trump. Puis, toujours au moment de la vidéo, il a rompu et fait siffler le milliardaire populiste . Mais finalement, en début de semaine, il a retrouvé le chemin "de la raison".

En fait, ces volte-faces n’ont que des explications électorales . Tous ces candidats ou futurs candidats ne savent pas si cela leur coûtera des voix ou au contraire leur en rapportera de se distancier de Donald Trump . Ils n’ont pas toujours l’habileté d’un Paul Ryan qui est dans l’interrogation permanente laissant place à toutes les interprétations . Ils se sentent donc contraints de venir et revenir expier leur pêché... Après tout, on est au pays de la rédemption à condition de s’être bien excusé. Donald Trump doit en tout cas se dire qu’il peut continuer à jouer avec son nouveau hochet , à savoir le parti républicain jusqu’à ce qu’il décide de le casser éventuellement après les élections.

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