Dès l'annonce de la victoire de Donald Trump, politiques et personnalités, américaines et du monde ont diversement réagi.

François Hollande a félicité Donald Trump pour sa victoire, mais en rappelant que cette élection "ouvre une période d'incertitude"
François Hollande a félicité Donald Trump pour sa victoire, mais en rappelant que cette élection "ouvre une période d'incertitude" © Maxppp / Yoan Valat

Après une campagne d’une violence inusitée, Donald Trump a remporté l'élection présidentielle américaine, déjouant tous les pronostics et les derniers sondages qui prédisaient la victoire de son adversaire démocrate qui a reconnu mardi soir sa défaite.

La nouvelle présidence américaine ouvre "une période d'incertitude"

En France, c'est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault qui a réagi en premier au nom du gouvernement et en se demandant ce que vont devenir les accords internationaux sous l’ère Trump : "Que va devenir l'accord de Paris sur le climat, l'accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump veut remettre en cause ?"

C’est plus à la France qu’aux Etats-Unis que François Hollande semble s’être adressé ce mercredi matin, pour sa première réaction après l’élection surprise de Donald Trump. Le Président français veut que son pays "regarde en face cette situation et prenne en compte les inquiétudes". Pour François Hollande "les réponses sont en nous" et nous "devons être capables de dépasser les peurs" et "respecter les principes qui nous fondent, la démocratie et le modèle social", a déclaré le chef de l'Etat dans une courte allocution depuis l'Elysée. Le président a évidemment félicité Donald Trump pour sa victoire, "comme il est naturel entre deux chefs d'Etat démocratiques", mais en rappelant que cette élection "ouvre une période d'incertitude" qui n’empêchera pas qu’on parle à l’administration américaine "avec vigilance et franchise".

"Le populisme, c'est mentir au peuple"

Alain Juppé voit lui aussi "des leçons à tirer aussi pour la vie politique française". Mais lui, comme François Hollande, craint que la France "s'engage dans la voie de l'extrémisme et de la démagogie", ce qu’il ne refuse. "Je ne veux pas que l'avenir ce soit le Front national et tous ceux qui sont à la remorque de ses idées" dit Alain Juppé qui "tous ceux qui sont décidés à rassembler un large mouvement pour faire barrage au Front national."

La victoire contre la "pensée unique"

Le prédécesseur de François Hollande et candidat à la primaire de la droite, prends-lui le problème à l’opposé de François Hollande et d'Alain Juppé. Pour Nicolas Sarkozy, "le message du peuple américain doit être entendu. Comme le choix du Brexit par les Britanniques, il exprime une volonté de changement, il exprime le refus d'une pensée unique qui interdit tout débat sur les dangers qui menacent notre nation."

Inquiétudes a gauche et à droite de l'échiquier politique français

Sur Twitter, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis y voit un avertissement pour l'élection présidentielle française et notamment une arrivée du Front national au pouvoir.

Même sentiment pour l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui soutient Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre : "La ligne de front de la raison depuis le Brexit n'existe plus. Ça veut dire que l'information principale pour nous Français, c'est que Marine Le Pen peut gagner en France".

Les nationalistes européens jubilent

Marine Le Pen a salué la victoire de Donald Trump. Alors que les résultats sont toujours provisoires, la présidente du Front national a félicité le "peuple américain libre".

Même son de cloche chez Viktor Orban, premier ministre hongrois aux sorties sur l''immigration proches de celles d'un Donald Trump. Sur sa page Facebook, il s'est félicité de cette "grande nouvelle: la démocratie est toujours en vie".

Félicitations également transmises par le britannique Nigel Farage, qui avait mené la campagne du parti Ukip en faveur du Brexit:

"Je transmets le relais à Donald Trump? Toutes mes félicitations. Vous avez mené une campagne courageuse", écrit Nigel Farage, republiant une vidéo de lui en compagnie de Donald Trump.

Pour Vladimir Poutine, "l'espoir d'un dialogue constructif"

A Moscou, la victoire de Trump est vue d'un bon œil par le Kremlin. Vladimir Poutine en personne a félicité très rapidement son nouvel homologue américain, espérant que cette élection permettra que soit mené "un travail mutuel pour sortir les relations russo-américaines de leur situation de crise". Il se dit "certain qu'un dialogue constructif sera établi entre Washington et Moscou".

A Bruxelles, questions mais néanmoins invitations

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a indiqué que l'UE avait l'intention de "continuer à travailler" avec les États-Unis : "les liens UE-USA sont plus profonds que n'importe quel changement politique" a-t-elle déclaré alors que durant la campagne, Donald Trump avait déclenché une polémique en laissant entendre que l'engagement militaire des Etats-Unis au côté de ses alliés européens, pour répondre à une éventuelle agression russe contre ses voisins, dépendrait des moyens mis au pot commun par les Européens.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil, Donald Tusk, ont immédiatement invité Donald Trump à un sommet UE-USA en Europe dès que cela lui sera possible.

Les grands quotidiens américains désavoués... et pas très inspirés

Ils avaient clairement fait campagne contre Donald Trump... Le Washington Post et le New York Times ont mis en ligne des Unes similaires, avec ce titre en grandes lettres: "Trump Triumphs".

La Une du Washington Post
La Une du Washington Post © WaPo

Les supporters démocrates effondrés

Dans la soirée, l'économiste et prix Nobel Paul Krugmann, a tweeté son désarroi et son incompréhension : "je pensais sincèrement connaître mon pays".

Au micro de Clara Lecocq-Réale, Jessica, une pro-démocrate, s'est dite énormément effrayée : "[Trump] est un monstre, il est dangereux". Cette américaine s'attendait ce mardi soir à une soirée joyeuse, "une soirée pour fêter la première femme président".

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