La prospérité du pays est l'un des thèmes de campagne pour Hillary Clinton et Donald Trump. Mais la pauvreté est-elle vraiment un sujet pour les candidats ?

Un commerce qui accepte les food stamps, les bons alimentaires
Un commerce qui accepte les food stamps, les bons alimentaires © AFP / SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Aux Etats Unis, où le salaire minimum est à 7,25 dollars, soit 6,46 euros (contre 9,67 euros bruts en France), et où plus de 45 millions de personnes dépendent des bons d'aide alimentaire, il reste un sujet tabou, ou presque, pour les candidats : celui de la pauvreté. Le seuil de pauvreté est fixé à 2 dollars (1,78 euro) ou moins par jour. La pauvreté n'est pas l'un des thèmes les plus forts de la campagne, mais les candidats ont tout de même évoqué à plusieurs reprises, notamment sur les réseaux sociaux, la thématique.

Dans certains quartiers, 3 enfants sur 4 sont pauvres

Ils n'ont pas 10 ans et sont déjà des statistiques : à Parramore, quartier noir et défavorisé d'Orlando (Floride), 73% des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté. A l'école du quartier, comme dans toutes les écoles publiques du pays depuis 1966, un petit déjeuner gratuit est servi tous les jours. Un autre programme en partie financé par la ville offre en plus aux écoliers un déjeuner léger. Pour la plupart des enfants, il n'y aura pas d'autre repas, ni à la maison, ni ailleurs.

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Le professeur Judy Levin, qui travaille sur les effets de la pauvreté chez des enfants, explique :

Va-t-on vivre au même endroit la semaine prochaine ? Va-t-il y a voir assez à manger à la maison ce week-end ? Ma maman (ou mon papa) a trois emplois, qui va s'occuper de moi ? Voilà les questions que se posent ces enfants.

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L'aide sociale n'est pas un thème de campagne pour les deux candidats. La dernière réforme remonte à Bill Clinton, il y a vingt ans. La crise de 2008, qui a vu des millions de personnes perdre leur maison, leur emploi, leur épargne, a enfoncé davantage dans la précarité les 15% d'Américains qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Aux États-Unis, plus de 45 millions de personnes vivent aujourd'hui grâce aux bons alimentaires.

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