Ce mercredi soir, les candidats à la présidentielle américaine s'affrontent lors d'un troisième et dernier débat, à Las Vegas. L'occasion de dresser un bilan des huit années Obama.

#USA 2016 : Les noirs, déçus par les années Obama
#USA 2016 : Les noirs, déçus par les années Obama © Reuters / Shannon Stapleton

Au sud de la ligne de goudron, les buildings d’Orlando dessinent un horizon futuriste de verre et d’acier. Mais au nord de l’Interstate, des terrains vagues, des maisons de bois fatiguées et des immeubles aux façades ornées de fresques fanées à la gloire de Nina Simone ou Martin Luther King esquissent un autre monde. Pour les noirs américains, Eatonville est un symbole : celui de la première municipalité noire de l’histoire des Etats-Unis, après la déclaration d’émancipation en 1863.

#USA 2016 : Eatonville, Floride, première municipalité noire de l'histoire
#USA 2016 : Eatonville, Floride, première municipalité noire de l'histoire © Radio France / Nicolas Mathias

En 2008, au soir de la victoire de Barack Obama, on y a versé des larmes de joie. Mais le 8 novembre, c’est à reculons que beaucoup, ici, iront voter. Et ils pourraient être nombreux, même, à ne pas se déplacer. Pour les noirs, pourtant majoritairement démocrates, les années Obama riment souvent avec déception. Une déception inversement proportionnelle aux espoirs suscités par son élection.

«C’est une communauté qui se méfie des politiciens qui ont toujours utilisé le vote noir comme une variable d’ajustement pour être élus, notamment au niveau local, mais sans tenir leurs promesses. Avec Obama, ils ont cru que leur voix allait enfin porter», soupire Coy Jones. Cette militante de Black Lives Matter l’admet.

Aux yeux de beaucoup de noirs, «Barack a promis tant de choses, et il n’a rien fait. Mais, en vrai noir, il s’est retrouvé bloqué comme nous, bloqués dans nos quartiers quoi qu’on fasse par des obstacles sur nos chemins. Pareil pour lui, tout président qu’il soit, à Washington. Pas parce qu’il n’a pas essayé, mais parce que le Congrès l’a contré systématiquement. C’est injuste de le lui reprocher».

#USA 2016 : manifestation du mouvement Black lives matter à New York en août
#USA 2016 : manifestation du mouvement Black lives matter à New York en août © Reuters / Andrew Kelly

Avec la flambée des violences policières contre les noirs depuis 2014, cette minorité (13% de la population) estime que sa situation s’est fortement dégradée sous l’administration Obama. Un constat que Donald Trump a cherché à exploiter sans vergogne en s’adressant fin août aux noirs :

Vous vivez dans la pauvreté, vos écoles sont mauvaises, vous n'avez pas de travail, 58% de votre jeunesse est au chômage. Qu'est-ce que vous avez à perdre ?" Donald Trump s'adressant à la communauté noire fin août. Je considérerais comme une insulte à mon héritage si cette communauté baissait sa garde et ne parvenait pas à se mobiliser pour cette élection, a rétorqué Barack Obama devant les élus noirs du congrès.

Cet article a été publié en partenariat avec Le Figaro ce mercredi 19 novembre.

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