Steve Bannon, stratège en chef du candidat Donald Trump et proche des extrémistes nationalistes, est nommé au Conseil national de sécurité. Un nouveau choix qui divise.

Steve Bannon, la face la plus sombre de l'administration Trump
Steve Bannon, la face la plus sombre de l'administration Trump © Maxppp / JUSTIN LANE

Steve Bannon, 62 ans, était déjà stratège en chef de Donald Trump depuis la semaine dernière. L'homme, proche des milieux extrémistes nationalistes, est nommé au Conseil national de sécurité. Un choix sensible quand on sait qu'il aurait largement été à la manœuvre dans la rédaction du décret interdisant l'entrée dans le pays des ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Déjà, la désignation de Stephen Bannon au poste de stratège en chef a déclenché les critiques des démocrates et des associations de défense des droits civiques, d'autant que ce poste n'est pas soumis à l'approbation du Sénat.

Une figure de la droite dure

Steve Bannon est l'ex-président du site ultraconservateur Breitbart News. Ce site est spécialisé dans les "faits alternatifs" concept cité sur NBC par Kellyanne Conway la conseillère de Donald Trump. Lorsqu'elle tentait de justifier le fait que le porte-parole de la maison blanche avait affirmé que « la cérémonie d'investiture fut la plus grande en termes d'audience », alors que les photos de l'événement montraient le contraire. « Je pense que parfois nous pouvons être en désaccord avec les faits », avait-il affirmé lors d'une conférence de presse. Le « fait alternatif »est très critiqué par la presse américaine, qui y voit une menace pour la démocratie.

Steve Bannon, figure de l'"alt-right", la droite "alternative" proche des courants nationalistes et suprémacistes blancs, est devenu en coulisse un soutien précieux de Trump. C'est lui qui a incité le président, alors candidat, à durcir son discours à droite , alors que certains voulaient le normaliser. Et c'est ce qui a fait gagner Trump dans les swing states, les Etats clé.

Ses priorités : le mur et les restrictions d'entrée pour les immigrants musulmans

Le Ku Klux Klan et le parti nazi américain ont salué sa désignation comme stratège en chef, étant assurés que la construction d'un mur à la frontière mexicaine et les restrictions d'entrée pour les immigrants musulmans seront ainsi des priorités pour Trump.

Bannon reconnait lui-même qu'il veut endiguer "les effets pervers de la mondialisation";

Un homme riche...

Diplômé de l'université de Virginia Tech, de Georgetown et de la Business School d'Harvard, il a servi pendant quatre ans dans la Marine américaine.

Banquier chez Goldman Sachs, puis patron à partir de 1990 de sa propre société d'investissement spécialisée dans les médias, il détient une part dans les royalties de la série culte "Seinfeld". Les multiples rediffusions lui assureraient plusieurs millions de dollars de revenus. Il a repris les rênes de Breitbart News en 2012 et en a fait LA plateforme de l'"alt-right", mouvement qui regroupe ultranationalistes, néo-Nazis, suprémacistes blancs et mouvements antisémites.

... et peu fréquentable

Outre ses thèses nationalistes et misogynes, l'homme est dangereux envers quiconque veut lui barrer la route. Il sait utiliser les autres pour atteindre ses objectifs selon des membres de son entourage passé.

En 1996, il est accusé par son épouse de l'époque de violence domestique.

Il a joué un rôle déterminant dans le décret anti-immigration

Lorsque l'administration de Donald Trump a mis au point son décret controversé sur l'immigration, Steve Bannon a imposé sa ligne dure. De hauts responsables du département de la Sécurité intérieure (DHS, Department of Homeland Security) pensaient que le décret excluait les détenteurs de la "carte verte", le titre de séjour permanent aux Etats-Unis. Mais Bannon a pris en charge l'opération selon un haut responsable du DHS, ajoutant que les experts du ministère avaient été quasi ignorés par la Maison Blanche. Le secrétaire général de la Maison Blanche Reince Priebus serait de son coté écarté des décisions, car trop modéré. Selon un responsable du Conseil national de sécurité, Bannon repasse derrière tous les communiqués de la Maison Blanche et les fait réécrire si nécessaire.

C'est de la pure folie, après une semaine de folie. Susan Rice, l'ancienne ambassadrice aux Nations Unies et conseillère sur la sécurité intérieure d'Obama, a twitté après la nomination de Bannon au Conseil National de Sécurité

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