Lors du deuxième débat entre candidats à la Maison Blanche, Donald Trump -arrivé en mauvaise posture- a opté pour la stratégie de l’attaque tout azimut contre Hillary Clinton.

Pour ce deuxième débat face à Hillary Clinton, Donald Trump a choisi la stratégie de l'attaque tout azimut.
Pour ce deuxième débat face à Hillary Clinton, Donald Trump a choisi la stratégie de l'attaque tout azimut. © AFP / Paul J. Richards

Cette fois, à moins d'un mois de l'élection présidentielle du 8 novembre, Donald Trump, mal en point après la divulgation de ses propos dégradants sur les femmes, a joué la carte de l’affrontement très personnel, et très acerbe, usant toutes ses cartouches face à une adversaire toujours coriace.

►►►"Avant le débat, les américains se sont demandé s'ils ne devaient pas coucher les enfants plus tôt et les priver de télé" : le reportage de Frédéric Carbonne, à Saint-Louis.

Le candidat, lâché par nombre de ténors républicains, a sorti les couteaux, lors d'un débat tendu et amer mené alors même qu'il se faisait étriller dans la presse pour ses propos sexistes et orduriers à l’égard des femmes, tenus dans une vidéo de 2005 exhumée par le Washington Post, "Il s'agissait de discussions de vestiaires" s'est défendu Donald Trump.

Je n'en suis pas fier, je me suis excusé auprès de ma famille et des Américains. Mais si vous regardez Bill Clinton, c'est bien pire [...] Il n'y a jamais eu dans l'histoire de la politique de cette nation quelqu'un qui ait autant abusé des femmes. (Bill Clinton, sur la vidéo qui le montre en train de se vanter et de tenir des propos sexistes sur les femmes)

Dans un rebondissement qui annonçait le ton exceptionnellement corrosif des échanges à venir, Donald Trump a même organisé une courte conférence de presse, juste avant le débat, avec trois femmes accusant Bill Clinton de les avoir agressées sexuellement, et une quatrième assurant que Hillary Clinton avait aidé à faire libérer son violeur présumé quand elle était jeune avocate. "M. Trump a peut-être dit des grossièretés, mais Bill Clinton m'a violée et Hillary Clinton m'a menacée", a accusé l'une des femmes, Juanita Broaddrick. Les quatre femmes ont ensuite assisté, à l'invitation du camp Trump, au débat dans le public où se trouvait aussi Bill Clinton.

En face, Hillary Clinton ne se démonte pas : le Donald Trump de la vidéo "c'est tout à fait lui", a-t-elle martelé. "Nous l'avons vu insulter des femmes, nous l'avons vu noter les femmes, sur leur apparence, les classer de un à dix", a-t-elle ajouté rappelant que le magnat de l'immobilier s'en était aussi pris "aux immigrés, aux afro-américains, aux latinos, aux handicapés".

La scénographie du débat -candidats debout, micro en main- laisse aussi beaucoup voir de l'attitude de chacun, dans un affrontement quasi-physique :

"Vous seriez en prison"

Passant au sujet de l'affaire des emails privés de Hillary Clinton, lorsqu'elle était chef de la diplomatie américaine, Donald Trump a promis de nommer un procureur spécial s'il était élu président pour mener l'enquête sur son opposante. "Si je gagne, je vais donner l'ordre à mon ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour faire la lumière sur votre situation, parce qu'il n'y a jamais eu autant de mensonges, autant de choses cachées", a-t-il affirmé.

Hillary Clinton a réagi,- "c'est vraiment bien que quelqu'un ayant le tempérament de Donald Trump ne soit pas chargé des lois de notre pays" -, Donald Trump répondant du tac au tac "parce que vous seriez en prison".

La Russie en campagne

Hillary Clinton a accusé la Russie d'essayer d'influencer les élections américaines de novembre en faveur de Donald Trump. "Jamais dans l'histoire de notre pays nous sommes nous retrouvés dans une situation où un adversaire, un pouvoir étranger, fait tant d'efforts pour influencer le résultat de cette élection", a-t-elle déclaré, affirmant que ces efforts étaient en faveur du candidat républicain.

Washington a ouvertement accusé vendredi Moscou d'essayer d'interférer, grâce à des piratages informatiques, dans le processus électoral américain, nouveau développement spectaculaire dans l'escalade des tensions entre les deux pays sur nombre de dossiers, Syrie en tête.

"C'est une battante, je respecte cela"

Enfin, dans un rare moment d'accalmie pour boucler une heure et demie d'un débat tendu, un spectateur a demandé aux candidats de citer un point positif chez leur adversaire. Hillary Clinton a botté en touche, citant les enfants du milliardaire, "incroyablement capables et dévoués, et je pense que ça en dit long sur Donald". Le milliardaire a répondu plus personnellement à propos de sa rivale: "Elle n'abandonne pas, elle ne lâche jamais et je respecte cela, je le dis franchement". "Je suis en désaccord avec la plupart de ce pour quoi elle se bat mais c'est une battante", a-t-il conclu, les deux adversaires se serrant ensuite finalement la main, à la fin du débat, et non au début, un geste inédit dans la tradition des débats politiques.

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