Le rituel de la "surprise d'octobre" aura parfaitement été respecté avec cette nouvelle révélation sur les e-mails d'Hillary Clinton. Mais qu'en retiendront donc les électeurs ?

Le FBI relance l’affaire des e-mails de la candidate démocrate du temps où elle était en charge de la diplomatie américaine
Le FBI relance l’affaire des e-mails de la candidate démocrate du temps où elle était en charge de la diplomatie américaine © AFP / Brendan Smialowski

Dans une élection présidentielle américaine, il y a un rituel : celui de la surprise d’octobre, l’information coup de tonnerre qui vient rebattre les cartes et prend une importance décisive dans l’issue du scrutin. Mais comme cette présidentielle 2016 n’est décidément pas comme les autres, les surprises d’octobre sont quasiment hebdomadaires, et tous les vendredis c’est un peu Halloween pour un des candidats, un cauchemar qui va perturber le bel ordonnancement de sa campagne.

Donald Trump a donc connu au début du mois le scoop du New York Times sur les impôts qu’il n’a pas payé pendant près de 20 ans ; puis le vendredi suivant, Hillary Clinton subit la première vague de révélations de Wikileaks sur le contenu de ses discours devant les banquiers ; effet immédiatement annulé quelques heures plus tard quand est dévoilée cette vidéo sexiste de Donald Trump datant de 2005 ; et hier donc voilà la relance de l’affaire des e-mails de la candidate démocrate du temps où elle était en charge de la diplomatie américaine.

Que retiendront les électeurs américains ?

On connaîtra la réponse dans 10 jours mais il est évident que ces scandales à répétition n’améliorent pas l’image de deux candidats qui sont déjà les plus impopulaires depuis des décennies. Et en attendant le verdict des urnes on peut constater que la gestion de crise de ces personnages sous les feux des projecteurs depuis pourtant des décennies n’est pas franchement moderne et assez brutale.

Face à l’effet dévastateur de ces images où on le voit prononcer les propos les plus dégradants à l’égard des femmes, Donald Trump s’enferme dans sa tour de New York où il enregistre un bref message vidéo qui, sous couvert d’excuses énoncées à la va-vite, est en fait une tentative de reprendre la main en accusant le mari de son adversaire de conduite bien pire.

Face aux conséquences possibles de la nouvelle enquête du FBI, Hillary Clinton agit de manière similaire : elle convoque -à la surprise visiblement même de son entourage- une conférence de presse où, pour la form,e les journalistes ont le droit de poser quelques questions, mais qui en fait n’est que le cadre choisi pour une déclaration solennelle où là aussi, il ne s’agit pas de s’expliquer mais de contre-attaquer sur fond de drapeaux américains installés en urgence dans l’arrière-salle d’un meeting dans l’Iowa. La candidate démocrate accuse donc presque le FBI d’être en train de fausser le résultat de l’élection, et exige la transparence immédiate sur le contenu de ces milliers d’emails pour ne plus laisser place au doute. Chez Donald Trump, cela dure même pas deux minutes ; chez Hillary Clinton à peine quatre minutes ; rien qui ressemble à de réelles informations sur des sujets qui sont pourtant complexes et essentiels.

Ainsi va cette campagne 2016, à coup de scandale qui se chassent les uns les autres, et de propos abrupts de candidats dont on a l’impression qu’ils ont renoncé à la quête d’une image positive, et où il s’agit avant tout apparaître moins pire que l’adversaire.

Il ne reste qu’un vendredi avant l’élection : une perspective de dernière surprise peut-être

La bonne surprise, à laquelle personne ne croit, ce serait qu’avant de mettre leur avenir dans les mains des électeurs, qui ont d’ailleurs déjà commencé à voter, Hillary Clinton et Donald Trump fassent vraiment la lumière sur des comportements qui suscitent un manque de confiance record chez les américains.

Une supporters de Donal Trump grimée en Hillary Clinton,  attend son candidat en campagne au New Hampshire
Une supporters de Donal Trump grimée en Hillary Clinton, attend son candidat en campagne au New Hampshire © Reuters / Carlo Allegri
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